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Théâtre en Normandie

Un risque d' OPA sur la chapelle du Lycée Corneille ?

15 Avril 2016 , Rédigé par François Vicaire

Un risque d' OPA sur la chapelle du Lycée Corneille ?

Il semblerait bien que l'on soit en train d'assister à ce qu'on pourrait appeler une OPA sur la chapelle du Lycée Corneille.

On l'avait subodoré avec une première saison, annoncée par Frédéric Roels sans coup férir avant celle de ses collistiers. Déjà par son éclectisme – son éparpillement devrait-on dire - elle tentait d'imposer une main-mise à peine déguisée sur une salle qui en principe se partageait avec des structures ou des organisations ayant chacune leur spécificité... en principe seulement car l'Opéra de Normandie s'est lancé, tout de suite, dans une politique d'occupation des lieux allant du baroque aux musiques du monde, voire de la variété sans se préoccuper le moins du monde de ses « petits camarades », obligés de jongler avec des programmations qui se confrontent, voire se catapultent entre elles.

Jusque-là, on pouvait mettre cet état de fait sur une impatience légitime à faire vite et bien et de montrer toutes les ressources dont on disposait. Il fallait « mettre le paquet ». Non seulement Roels l'a mis mais il récidive et force est de constater que l'inexpérience supposée s'est transformée en un système avéré.

Ainsi, alors que c'est le domaine qui est imparti à Oswald Sallaberger et où il excelle, Roels se lance dans la musique de chambre et annonce pour la rentrée de septembre à Corneille un festival consacré au quatuor « dans tous ses états ».

Là encore Frédéric Roels se la « joue perso » en annonçant sa saison à venir toujours avant tout le monde, histoire de couper l'herbe sous le pied à ceux qui pourraient avoir des idée dans un domaine qui n'est pas exactement celui de l'art lyrique où il est vrai que l'opéra ne brille pas de tous les feux qu'on devrait en attendre... ceci compensant cela.

Le procédé manque – et c'est le moins qu'on puisse dire - à tout le moins d'élégance et tout au plus relève d'une prise de contrôle qui ressemble à s'y méprendre à une OPA.

Mais il a au moins l'avantage, si cela en est un, de mettre en évidence l'urgence qu'il y aurait à mettre de l'ordre dans cette belle maison qui finirait, si certain s'acharnait à jouer cavalier seul, par devenir artistiquement ingérable.

A vrai dire les choix à faire pour les politiques ne sont pas cornéliens. Il suffit tout simplement de remettre les choses à plat et de faire en sorte que s'il y a bien unité de lieu (et quels lieux!) il ne serait pas inutile d'en revenir à une nécessaire unité d'intentions pour que chacun y trouve son compte.

Comme le dit Alcandre dans « L'illusion comique » :

« le théâtre est un fief dont les rentes sont bonnes » ...

Encore faut-il savoir les partager !

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