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Théâtre en Normandie

« Tête à tête » : Les dialogues improbables mais extrêmement vivifiants de « Dram Bakus »

28 Janvier 2016 , Rédigé par François Vicaire

« Tête à tête » : Les dialogues improbables mais extrêmement vivifiants de « Dram Bakus »

Les spectacles destinés aux jeunes ne sont pas les plus faciles à monter. Il leur faut être d'une grande lisibilité sans pour autant tomber dans la bêtification. La frontière est ténue, en effet, entre ces deux impératifs surtout quand la tranche du public que l'on veut atteindre et convaincre oscille autour des 6-8 ans.

« Dram Bakus » présentait dernièrement à la chapelle Saint-Louis un parfait exemple de ce qu'il convient de faire pour capter suffisamment l'attention des enfants tout en leur évitant, au bout du compte, d'avoir rapidement des fourmis dans les jambes.

Avec « Tête à tête », Bruno Delahaye autour d'un texte de Geert de Kochere, clair comme un livre d'images et rythmé comme une comptine, a construit une succession de saynètes qui abordent les grands thèmes de l'amitié, de la compréhension de « l'autre » et même de la mort avec une grande simplicité.

L'intelligence de la démarche vient de ce qu'elle est confiée à des animaux confrontés aux différences dont la nature les a doté. Ainsi, des dialogues improbables se nouent entre un éléphant et un papillon, un ver de terre et une poule qui voudrait bien le manger, entre une vache et un lièvre … Bref, des situations qui ne se rencontrent en général que dans les contes à cela près qu'à la dernière page chacun de ces duellistes de l'impossible rentre dans son petit domaine ou dans sa coquille et d'une certaine manière renvoie le spectateur aux complémentarités illusoires qu'il aurait pu échafauder.

Tout cela, provoque bien évidemment le rire mais, mine de rien et sans qu'il y paraisse, laisse passer une petite morale qui s'imprime doucement dans de jeunes esprits… enfin, on peut l'espérer !

A l'aide de quelques éléments scéniques très stylisés, des jeux d'ombres astucieux, un système de vidéo d'une grande virtuosité et une bande son qui renoue avec un florilège musical virevoltant, le spectacle se déroule sur un rythme imprimé en réalité par les réactions de la salle.

C'est pour les comédiens Olivier Herblot et Julien Cussenneau une ambiance rêvée. Leur travail qui s'inscrit dans une grande simplicité d'intentions et selon des codes scéniques extrêmement parlant jouent le jeu avec une grâce spontanée tout en clin d'oeil… comme l'ensemble de ce moment de bonheur aussi vivifiant sur scène … que dans la salle !

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La Chapelle Corneille : le Stradivarius des salles de concert

26 Janvier 2016 , Rédigé par François Vicaire

La Chapelle Corneille : le Stradivarius des salles de concert

Vincent Dumestre : un lieu idéal pour une famille d'artistes

Au cours des conférences de presse qu'ils ont données chacun à quelques jours de distance, ils se sont montrés tous les deux positivement éblouis par la qualité de la Chapelle du Lycée Corneille qui leur est offerte. Vincent Dumestre et Oswald Sallaberger n'ont pas assez d'éloges pour dire le bonheur qu'ils ont de prendre possession d'une maison qui correspond si bien à leur manière de vivre la musique .

Pour Vincent Dumestre c'est se plonger dans un bain d'histoire commencé en 1615 quand Marie de Médicis, vint poser à Rouen la première pierre de cet éblouissant manifeste de la Contre-Réforme. Pour lui le lieu est idéal et va lui permettre d'y installer une famille d'artistes et de créer une homogénéité culturelle faisant le lien entre le passé de l'édifice et surtout l'avenir que sa nouvelle vocation lui promet.

Le concert inaugural de la chapelle aura lieu le vendredi 5 février avec Monteverdi. Ce n'est pas le fruit du hasard. Il correspond à une filiation qui s'établit entre Mantou que le compositeur quitta à la suite du « sac » qui verra bon nombre de ses partitions disparaître et Venise où il deviendra véritablement le grand novateur musical de son temps en particulier dans le domaine de l'opéra. La « Selva Morale » interprétée par le « Poème » et « Accentus » est un recueil dans lequel Monteverdi a réuni un certains nombres de pièces dont des « canzon » et des madrigaux mais aussi de grandes pièces à caractère sacré dont certaines ne sont pas sans se référer aux sublimes « Vêpres de la Vierge Marie ».

Se composant en cinq saisons bien distinctes la programmation du « Poème Harmonique» aborde toutes les composantes qui font la richesse de l'art baroque et englobe les beautés contrastées d'un paysage unique présenté dans un cadre unique.

La Chapelle Corneille : le Stradivarius des salles de concert

Les passerelles enthousiastes d'Oswald Sallaberger

Quant à Oswald Sallaberger, il ne cache pas non plus son enthousiasme pour la Chapelle à laquelle il décerne le label de «Stradivarius des salles de concerts ». Il sait déjà de quoi il parle puisqu'on lui a demandé d 'expérimenter l'acoustique du lieu dans toutes les configurations que des formations de chambre peuvent en attendre. Le bilan est positif et Sallaberger se réjouit d'avance de tout ce que la salle va lui apporter comme possibilités de constacts entre les musiciens et le public.

Comme « Le Poème Harmonique », la « Maison illuminée » va se répartir en cinq grands chapîtres pour lesquels Sallaberger a construit des programmes un peu à la manière de ces concerts de salon dans lesquels, autrefois, étaient exécutées des œuvres non pas dans leur intégralité mais dans des extraits significatifs. Le chef austro-normand a même été plus loin dans le procédé en réalisant lui-même des réductions de certaines oeuvres comme celles de « Ma mère l'Oye» de Ravel, de Fauré et même de Mascagni.

En jouant la carte des passerelles, celles de la logique et celles du coeur, il n'a pas peur de glisser entre un Ligeti et un Bartok, un « petit Dupré » histoire de montrer que les musiciens normands, tiennent une place importante dans l'histoire de la musique. Ce qu'il démontrera d'ailleurs dans une grande séquence consacrée au climat sonore de la Normandie.

Ce patchwork musical reste néanmoins dans une logique qui devrait faire échapper la Chapelle du Lycée Corneille à un éclectisme de circonstance que l'assemblage de titulaires des lieux risquent fort d'engendrer.

En fait, la Chapelle est confiée d'une certaines manière à quatre entités : le baroque avec le « Poème » Harmonique et les « Territoires baroque » de Jean-Paul Combet, la musique symphonique et de chambre avec l'opéra de Normandie et « la Maison illuminée » et, enfin, ce qu'on pourrait appeler les musiques du monde et de notre temps avec Sébastien Laab et feu le Hangar 23 et les « Musicales de Normandie » de Nicolas Simon.

Un quadrige qui pour l'instant n'a aucun conducteur et dont chacun des éléments peut se targuer, même sans se l'avouer, d'être le cheval de tête.

Pourtant, passé les bonheurs d'ouverture de saison pour lesquels les protagonistes ont planché chacun de leur côté sans trop s'occuper du voisin si ce n'est l'Opéra de Normandie qui n'a pas craint de franchir des frontières préalablement établies, il va bien falloir que la Région trouve un directeur qui règle les porosité d'intentions qui déjà se font jour pour éviter que n' implose, un jour ou l'autre, cette belle unité de façade

Leurs prochains concerts :

« Le Poème Harmonique » :

Vendredi 5 février à 20 heures

« Selva Morale » avec « Accentus »

Acheter des billets : sur le site lepoemeharmonique.fr ou au 02 35 14 20 93

« La maison illuminée »

Lundi 21 mars à 20 heures

« La maison ouvre et ses sons illuminent la Chapelle »

Acheter les billets « Librairie « L'Armitière » - Tel 02 35 70 57 42

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« En quête d'identité » à l'abbaye de Jumiège… dans le souvenir de Leila Alaoui

21 Janvier 2016 , Rédigé par François Vicaire

« En quête d'identité » à l'abbaye de Jumiège… dans le souvenir de Leila Alaoui

Elle était jeune, belle, intelligente et elle faisait partie de ces photographes qui sont tout à fois des témoins et des acteurs. Au Burkina Faso pour un reportage pour Amnesty International sur le droit des femmes, elle a été fauchée à la terrasse du « Cappucino» le jour de l'attentat. Grièvement blessée, elle est morte lundi à l'hôpital de Ougadougou.

Leila Alaoui avait 33 ans .

Il se trouve que Leila Alaoui était une des invitées de l'exposition « En / quête d’identité» qui sera accrochée du 11 mars au 12 juin au Logis abbatial de l’Abbaye de Jumièges qui devient au fil des ans le lieu de prédilection des expos photos de grandes qualités.

Celle qui est en cours de préparation est consacrée à la problématique du portrait.

Aujourd’hui, avec l’apparition des nouvelles technologies, le portrait photographique peine à imposer sa vérité. Si l’identité apparaît comme inhérente à la nature de la photographie, elle risque cependant de s’éroder peu à peu.

A cette désaffection progressive, la propension des modèles eux-mêmes à se fondre dans d’autres identités ou à se jouer de leur identité ajoute aux problèmes liés à leur représentation. De ce fait le principe demande à se renouveler, à chercher d'autres angles pour capter d'autres regards et c'est ce à quoi s'attachait Leila Alaoui dans l'exercice d'un art qui lui donnait les moyens de « révéler la fierté et la dignité innées de chaque individu ».

Le drame de Ouagadougou l'a dramatiquement interrompue dans la quête de cette vérité intérieure qu'elle s'employait à capter chez ses modèles et que l'on découvrira à Jumièges dans la salle qui lui sera spécialement consacrée

Photographe et vidéaste franco-marocaine, Leila Alaoui avait étudié la photographie à l’université de la ville de New York. Son travail explore la construction d’identité, les diversités culturelles et la migration dans l’espace méditerranéen. Ses photographies et vidéo expriment des réalités sociales à travers un langage visuel aux limites du documentaire et des arts plastiques.

Autour d'elle, Dominique Goutard et Jean-Luc Monterosso, commissaires artistiques de l'exposition présentent les œuvres de 16 artistes de 7 nationalités différentes, significatives des avatars du portrait photographique et leurs répercussions sur la photographie contemporaine avec, point d’orgue, 9 œuvres vidéo sur la même problématique.

A la lumières des événements dramatiques qui ont misun terme à une carrière exceptionnelle, l'exposition des œuvres de Leila Alaoui prendra dans le cadre prestigieux de Jumièges une résonance particulière.

Photo : Augustin Le Gall

« En quête d'identité » - Abbaye de Jumièges du 11 mars au12 juin

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"Victor dans la ville» … des bonheurs de vive voix

17 Janvier 2016 , Rédigé par François Vicaire

  "Victor dans la ville»  … des bonheurs de vive voix

Derrière Victor il y a Alain Fleury et derrière Alain Fleury, l'homme de théâtre, il y a l'amoureux des beaux textes qui inlassablement dispense la bonne parole en compagnie de ses camarades comédiens rompus à l'exercice de la lecture à voix haute...

C'est dans cet esprit qu'est né "Victor dans la ville" qui du vendredi 22 au dimanche 24 janvier se trouve réuni en cinq rendez-vous consacré à la lecture et à la parole .

C'est tout à la fois une découverte de textes mais aussi un dialogue avec des publics à travers des écrits, des points de vue sur le monde, des moments de vie, des extraits de journaux.

On retrouvera au cours de ces bonheurs lancés de vive voix la fine fleur des comédiens rouennais comme Gaëlle Bidault, Thomas Rollin, Sophie Amaury, Karine Preterre, Alain Fleury, bien sûr et le pianiste Alexandre Rasse.

- Vendredi 22 janvier à 19h30 - Librairie des Mondes magiques, 98 rue Beauvoisine

« Rencontre, lecture et échange» avec Alain Fleury

Le principe des rencontres aux «Mondes magiques », permet à l'artiste invité de présenter son parcours et de faire partager un ou plusieurs de ses livres préférés. Ce sera l'occasion pour Alain Fleury de raconter ce qui l'a incité à organiser « Victor dans la Ville » et d'évoquer la notion essentielle de la parole à travers des extraits de plusieurs œuvres littéraires, témoignages ou essais.

- Samedi 23 janvier à 12h à UBI, 20 rue Alsace Lorraine

« Parole apéritive et citoyenne » avec Alain Fleury, Gaëlle Bidault,Thomas Rollin, Alexandre Rasse. Une rencontre qui pourrait s'intituler « Un autre monde est possible ». Ce sera l'occasion d'affirmer la dimension citoyenne potentiellement présente dans l'exercice de tout art. On y entendra quelques unes des paroles qui œuvrent pour un ré-enchantement du monde.

- Samedi 23 janvier à18h30 à la Salle des Nus, 29 rue Victor Hugo

Lecture : « Les Demeurées » de Jeanne Benameur avec Sophie Amaury, Alain Fleury

Un roman lu dans son intégralité et c'est rare. Rien n'a été retranché de ce très joli récit de Jeanne Benameur. « Les demeurées » est une ode à l'élan de vivre, une invitation à chercher sa liberté dans la communauté des hommes, à prendre son destin à bras-le-corps. Parce que les révolutions sont d'abord intérieures. Et parce que « on n'a pas l'éternité devant nous. Juste la vie. »

- Dimanche 24 janvier à 11h au Café Couture, 7 rue Alsace Lorraine

Lecture : « Des femmes, du féminisme, et de quelques hommes aussi »

avec Karine Preterre et Alain Fleury

Dès 11h, le Café Couture accueillera les visiteurs pour partager un brunch. La lecture démarrera un peu plus tard, quand tous seront installés et se fera en deux parties avec possibilité de boire, grignoter et parler de nouveau à « l'entracte » en attendant la seconde partie qui s'appuiera sur un répertoire littéraire et théâtral qui fera la part belle à l'humour

- Dimanche 24 janvier à 16h à la Salle des Nus, 29 rue Victor Hugo

Lecture : « Première(s) fois » (env.1h15) avec Sophie Amaury, Karine Preterre,

Thomas Rollin, Alain Fleury et Alexandre Rasse.

Le programme de cette lecture sera improvisé. Il se construira non seulement à partir des textes sélectionnés mais aussi à partir de ceux qui seront proposés par le public. Toute improvisation nécessitant une règle du jeu, les textes proposés devront avoir un rapport avec le thème choisi, en l'occurrence «La (ou les) première(s) fois ».

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« La Tempête » au CDN : tonique, inventive et bondissante

15 Janvier 2016 , Rédigé par François Vicaire

« La Tempête » au CDN : tonique, inventive et bondissante

Même si, avec la disparition de Luc Bondy qui devait en faire la mise en scène à l'Odéon, le projet de "l'Othello blanc » n'est plus d'actualité, il n'en reste pas moins que le problème a fait débat et que « La Tempête » de Thierry Roisin, présenté deux soirs de suite et devant des salles combles et conquises à « La Foudre » est arrivé à point nommé pour l'enrichir.

« Doit-on ou ne doit-on pas le faire ? » (ce pourrait être un titre à la Shakespeare). La production présentée au Centre Dramatique National apporte la réponse à une alternative qui ne devrait plus se poser. C'est, en effet, une manière irréfutable d'aborder la difficulté qu'il y a encore d'imposer le métissage dans sa vraisemblance dramaturgique. Mais, dans le même temps, il démontre le péril à suggérer une vision différente d'un texte qui par delà les siècles, pourrait prendre ses distances avec les intentions que son auteur voulait lui donner.

En prenant le parti de transposer la renaissance italienne dans un Burkina-Faso qui peut être de tous les temps, le travail de Thierry Roisin échappe à l'anecdote et apporte à la pièce une résonance humaine et sociale terriblement actuelle et que n'aurait pas désavouée le grand Will.

« La Tempête » de Shakespeare dans cette réalisation née au milieu des troubles politiques qui ont traversé le Burkina Faso est remarquable dans son principe, de prime abord périlleux mais réussi, d'opérer des basculement d'emplois dans l'utilisation d'une distribution à dominante burkinabé. La mise en scène s'inscrit dans une optique résolument tonique, bondissante et d'une merveilleuse jeunesse de ton. Et si parfois il peut se faire plus âpre, l'ensemble garde l'essentiel de cette poésie shakespearienne, tour à tour truculente et féérique qui trouve son équivalent dans une fantasmagorie africaine portée par un discours musical remarquablement présent et qui se fait évocateur sans sombrer pour autant dans l'illustratif.

Dans cette ré-appropriation d'une action qui même en changeant de latitude laisse aux passions les moyens de s'exacerber telles qu'elles surent le faire il y a près de cinq siècles, Thierry Roisin joue avec toutes les ressources d'un lyrisme qui sait se montrer grandiose tout en échappant à la grandiloquence grâce à une distribution qui, avec une grande simplicité d'intentions. jongle avec sa nature sans la forcer jamais

Et par la magie d'un changement de cap géographique et intellectuel qui ne souffre d'aucun anachronisme cette parabole de la magnanimité laisse le dernier mot à Prospero qui de duc de Milan qu'il fut, s'efface devant ce « Naba » par lequel toute la sagesse africaine passe et se transmet.

C'est remarquable.

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« Le Poème Harmonique » à la Chapelle Corneille : L'intelligence et l'exception

11 Janvier 2016 , Rédigé par François Vicaire

« Le Poème Harmonique »   à la Chapelle Corneille :  L'intelligence et l'exception

Vincent Dumestre est heureux !

Même s'il les partage, le voici enfin dans des murs qui s'accordent à l'esprit et à la lettre de son « Poème Harmonique ».

Personne mieux que lui, en effet, ne pouvait trouver en cette chapelle du lycée Corneille un lieu qui soit plus à la mesure d'un ton et d'un style qui correspondent si parfaitement à ses exigences esthétiques et intellectuelles.

Le Poème Harmonique, depuis quinze ans, mène aux quatre coins du globe une itinérance qui méritait bien de trouver un jour son point d'ancrage. Cette installation, tant attendue, n'est pas une consécration car cela fait belle lurette que Vincent Dumestre et son équipe l'ont acquise d'une manière incontestable mais c'est la manière la plus élégante et la plus justifiée de lui accorder un port d'attache d'où partiront de nouvelles aventures.

Et quel port !

Son élégance, sa somptuosité, l'harmonie de son cadre réclament une rigueur d'intentions mais aussi une logique intellectuelle dépassant une simpliste occupation d'espace.

Pour Vincent Dumestre, la chapelle est une opportunité qui va lui permettre de mettre en application une synergie s'établissant dans le temps entre les artistes et un public qu'il veut le plus ouvert possible. Pour lui, une programmation ne se résume à pas à un alignement de dates mais correspond à une réflexion à long terme, fruit d'un travail de musicologue et d'une sensibilité d'interprète qui trouvent leur cohérence dans une démarche qui échappe aux effets de mode :

« C'est un état d'esprit. Un point de rencontre entre des œuvres et un cadre. Celui que nous offre la chapelle Corneille est exceptionnel et mérite qu'on lui apporte une attention qui soit au niveau de sa qualité et de son histoire. La saison que le « Poème » a mise en place pour la Chapelle rejoint l'esprit du grand festival que nous voulons y construire et dans lequel se retrouveront tous les savoirs qui ont façonné le baroque. Y sont présents, bien évidemment, la musique, la danse, le chant, le théâtre, mais aussi la littérature et tout l'éventail d'instrumentation qui la composent et même la pratique chorale amateur qui à l'époque tenait une place importante et qui peut se retrouver aujourd'hui à travers un travail avec les chorales de la région».

Un « concours Corneille »

C'est en réalité dans un véritable travail de fond que s'engage Vincent Dumestre. Une manière de manifeste qui doit placer la Chapelle au centre d'une action globale au niveau d'un public très ouvert mais aussi à des actions plus ciblées comme le « Concours Corneille » - le premier du genre en France – qui s'adresse à de jeunes instrumentistes. Quand on y regarde de près il y a peu de domaines qui échappent à l'époque baroque et on comprend mieux la place importante qu'elle occupa en son temps et celle qu'elle a retrouvé après avoir connu un long purgatoire.

Vincent Dumestre ne veut rien laisser de côté dans cette immersion au coeur d'un monde d'une richesse dans laquelle le goût tint une place importante. C'est si vrai qu'il a fait appel à Olivier Da Silva du restaurant L'ODAS pour faire jouer des correspondances entre les saveurs qu'elles soient culinaires et musicales.

C'est ouvrir l'art baroque, si longtemps considéré comme élitiste, à une accessibilité qui fera se retrouver, pour l'exemple, dans une même saison, Jordi Savall, l'ensemble choral du Pays de Bray et les jeunes musiciens de l'Ecole Harmonique ou se faire côtoyer Molière et Shakespeare avec Pascal, le folklore populaire irlandais et les « Ténèbres » de Couperin avec Benjamin Lazar.

L'ensemble représente cinq « Saisons baroques » qui vont des chemins de Pâques aux Noëls madrilènes et napolitains en passant par l'Angleterre de la Renaissance et les grâces et les sens du Grand Siècle avec, en prime, ce concours Corneille qui projeteront sur la Chapelle les feux d'une opération de grande envergure aux retombées internationales.

Pour cette traversée au long cours qui va tenir une bonne part de la saison à venir, Vincent Dumestre s'est entouré de compagnons de voyage qui sont, entre autres, Laurence Equilbey et « Accentus », François Lazarevitch, Marc Mauillon, la Capella Cracoviensis, Justin Taylor, Jordi Savall, Jean Rondeau, Michael Edwards… autant de noms qui vont fleurir tout au long de ces « saisons ». Elles sont, par leur harmonie et leur esprit, l'élément majeur qui va conférer véritablement à la Chapelle le « ton »qui lui convient.

Celui de l'intelligence et de l'exception.

Pour connaître le détail des « Saisons » et la manière de réserver ses places :

lepoemeharmonique.fr

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