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Théâtre en Normandie

A la médiathèque d'Honfleur ... quand la signature tourne court

29 Juillet 2015 , Rédigé par François Vicaire

A la médiathèque d'Honfleur ... quand la signature tourne court

Tout grand homme à ses petitesses et la première d'entre elles est de se croire plus grand qu'il n'est. C'est une des leçons que l'on peut tirer de «La signature», une pièce de Monique Lancel présentée dans le cadre de la programmation de l'abbaye du Grestain le samedi 1er Aoùt à 20 heures 30 au Grestain même et le lendemain à 15 heures à la médiathèque de Honfleur.

Monique Lancel connaît bien le monde de l'écriture dont elle possède, en partie, les clés. Elle en sait toutes les forces mais n'ignore rien des faiblesses qu'elle débusque avec une ironie souriante. Une connaissance profonde qui lui permet de mettre en lumière les contradictions de l'univers littéraire et de ceux qui gravitent autour.

C'est le moyen d'une certaine manière de régler quelques comptes sans pour tomber dans les pièges du pamphlet. En prenant pour prétexte la venue d'un auteur à succès pour une séance de signature en province, elle met le doigt sur les fragilités qui tempèrent les relations s'établissant entre un écrivain et ses lecteurs. Par la même occasion, elle dresse l'inventaire des rivalités que peuvent surgissent entre des egos bousculés par la notoriété du moment.

Le thème, en fait, est d'une grande limpidité. Dans une bibliothèque municipale d'une petite ville de province, on attend, pour une séance de signature, Armand Pradelle qui vient de recevoir le Prix Renaudot. S'y trouvent réunis, la responsable de la bibliothèque dont le souci est d'impressionner le maire avec une brillante animation, son assistante à la fois intimidée et impatiente de rencontrer un grand écrivain autour duquel tout le monde est en place. Tout le monde … sauf les lecteurs. De plus, l'organisation laissant sérieusement à désirer la signature tant espérer tourne court.

Un spectacle présenté par le Théâtre du Nord-Ouest Parisien qui a la particularité de construire ses saisons sur deux axes bien précis. D'un côté la présentation dans sa totalité de la production d'un auteur classique (cette année, il s'agit de Racine) et de l'autre, de présenter des œuvres d'auteurs contemporains comme « La signature ». Mise en scène par Edith Garraud, cette comédie pleine d'humour sur les artifices et les faux-fuyants de la vie littéraire est interprétée par Jean-Luc Jeener, Pauline Mandroux et Lisa Sans.

Notre photo : Pauline Mandroux et Jean-Luc Jeener

A la Médiathèque de Honfleur le dimanche 1er août à 15 heures et la veille à l'abbaye de Grestain à 20 heures 30.


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Avec Offenbach, on ne voit pas le temps passer !

24 Juillet 2015 , Rédigé par François Vicaire

  Avec Offenbach, on ne voit pas le temps passer !

C'est pourquoi il reste toujours aussi apprécié des amateurs de la musique, qu'elle soit grande ou petite. Encore qu'il n'y ait pas chez le compositeur des « Contes d'Hoffmann » rien qui puisse heurter l'oreille délicate des musicologues. C'est, en effet, derrière les pastiches et les fantaisies débridées qui illustrent si bien les excès du Second Empire une qualité stylistique, une profonde originalité des harmonies et des mélodies qui en font un exemple particulier dans le monde de l'opérette. C'est peu dire qu'il lui a conféré ses lettres de noblesse. C'est si vrai que les Audran, Lecoq, Planquette et, pardon pour lui !, même Messager, ont disparu pratiquement des affiches alors qu'il reste toujours d'actualité.

A Etretat dont il fut un des plus prestigieux résidents, le festival qui lui est consacré porte haut les couleurs de ce petit violoncelliste qui quittera sa Cologne natale pour venir faire danser tout Paris.

Cela fait dix ans maintenant que le festival qui lui est consacré s'emploie à montrer les facettes d'un talent aux multiples ressources. Des conférences, des récitals et bien sûr une opérette, en l'occurence « La Belle Hélène » sont au programme d'une grande richesse et qui s'inscrit parmi les plus attrayantes des manifestations estivales.

La belle Hélène voulait faire partir le roi Menelas pour la Crète… Offenbach les fait venir à Etretat, c'est moins loin et tout aussi séduisant.

Jeudi 30 juillet

« Offenbach avant tout ! »

Hôtel Normandy - Salle Maupassant Fécamp 19h 17€

Avec les solistes de « La Belle Hélène » qui interpréteront les plus grands airs d’Offenbach et quelques raretés. La soirée se terminera avec un dîner au restaurant de l'hôtel en compagnie des artistes !

Dimanche 2 août

Concert d’ouverture

Terrasse Claude Monet - Le Perrey - Etretat 18h gratuit

Ensemble instrumental du Festival sous la direction de Philippe Hui.

Lundi 3 Août

Conférence de Jean-Claude Yon

Offenbach et Napoléon III : histoire d'un lien ambigu...

Le Dormy House - Etretat 16h 15€

Mardi 4 août

Duo concertant de violoncelles

Caroline Tref et David Louwerse

Eglise d’Etretat - Etretat 21h 15€

Mercredi 5 août

Tout…sauf Offenbach

Concert présenté par Benoît Duteurtre évoquant les contemporains, rivaux et héritiers d’Offenbach, en compagnie des artistes de La Belle Hélène.

Le Donjon-Domaine Saint Clair – Etretat 16h 17€

Jeudi 6 et Samedi 8 Août

« La Belle Hélène »

Opéra bouffe en trois actes de Jacques Offenbach

Mise en scène Yves Coudray - Direction Philippe Hui -

Ensemble instrumental du Festival Offenbach d'Etretat

avec Marie Kalinine (Hélène)

Les Bouffes-Etretais – Etretat 20h30 25€

Vendredi 7 Août

« Les jeux de l’Amour et d’Offenbach »

Retour sur le premier festival avec ses créateurs Ghyslaine Raphanel, Franck Leguérinel et Hélène Blanic

Palais Bénédictine – Fécamp 19h 20€

PASS à 60€ pour quatre spectacles : « La Belle Hélène », Concert de violoncelles, Conférence de Jean-Claude Yon et « Les jeux de l’Amour et d’Offenbach ».

Renseignements auprès de l'Association des Amis de Jacques Offenbach |

Mairie d'Etretat | Place Maurice Guillard

notre photo : Marie Kalinine sera la belle Hélène

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L'unification de la Normandie passera par la culture

15 Juillet 2015 , Rédigé par François Vicaire

L'unification de la Normandie passera par la culture

C'est, paraît-il, Winston Churtchill en personne qui le disait !.

Quand on parlait de faire des coupes sombres dans la culture, il répondait en substance « si on n'a plus de culture, il n'y a plus de raisons de faire la guerre ».

Ce grand belliqueux était un homme intelligent qui avait compris que dans la panoplie des armes dont dispose les hommes celles de la pensée étaient assez fortes pour faire tomber les frontières.

Celles qui existent entre la Basse et la Haute Normandie devraient s'abaisser un jour ou l'autre pour arriver à cette grande Normandie sur laquelle chacune des parties forme des vœux pour que le choix lui soit favorable.

Pour rester dans la métaphore churchilienne, c'est de bonne guerre. Il suffirait en bonne logique d'un modus vivendi permettant aux subtilités territoriales, géographiques et économiques de s'accorder pour qu'il satisfasse tout le monde.

La question est posée et ce n'est certes pas la culture qui peut apporter une réponse et déterminer qui de la Haute ou de la Basse pourra devenir la capitale et, par voie de conséquence, quel président deviendra ni plus ni moins le gouverneur de sa province.

Elle peut simplement espérer que que quelque soit le choix, il tombe sur un homme ou une femme qui soit convaincu que la notion de culture mérite mieux que des vœux pieux.

Dans cette mission unificatrice, le spectacle vivant a un rôle essentiel à jouer puisqu'il est en quelque sorte le pouls intellectuel d'une région et qu'il le deviendra plus encore face à un territoire englobant des données éclatées à qui il faudra trouver sa propre identité.

Mais que sait-on en réalité de ce qui se passe dans la Manche, dans l'Orne et même dans le calvados qui est pourtant si proche de nous hauts-Normands ?

Le premier à offrir des éléments de réponse est l'ODIA qui très vite après sa création, a compris l'utilité de rapprocher des entités géographiques et humaines qui se méconnaissaient superbement. Partant de ce constat évident, l'Office en ajoutant un « N » à sa dénomination s'est acquis une fonction unitaire qui est déterminante. Par des rencontres, des tables rondes, des échanges dont les buts sont de renforcer les connaissances entres responsables du théâtre vivant et les structures susceptibles de l'accueillir de part et d'autre de l'estuaire, de jouer en quelque sorte le Deus ex machina de la culture,, elle renforce la conviction que, qu'elle soit Basse ou Haute, il y a « LA » Normandie dans son ensemble, dans sa diversité, dans ses attentes, dans ses initiatives est génératrice de richesses à partager.

Dans cet esprit, la volonté de l'ensemble orchestral de Basse Normandie de devenir, sous l'impulsion de Guillaume Lamas, l'Ensemble Régional de Normandie est significative d'un mouvement musical – c'est le cas de le dire – qui donne le ton à l'avenir.

Cela étant, le plus dur reste à faire : celui de convaincre le public de quelque côté qu'il se trouve, de prendre la route pour aller au devant des découvertes et ne pas se cantonner à ce qu'on lui propose sur un plateau.

En matière culturelle la curiosité n'est pas un vilain défaut. C'est même une qualité à entretenir et d'une certaine manière les mois d'été sont des occasions d'excursion de l'esprit à ne pas laisser passer.

En Juillet et Août, il y a fort à faire dans cette grande Normandie de la culture. Sans vouloir être exhaustif, vous trouverez ci-dessous quelques suggestions pour des occasions de sorties et de bonheurs multiples… une manière de passer de bonnes vacances en Normandie – toute la Normandie – où la culture a de belles heures ensoleillées devant elle.

notre photo : l'Ensemble Régional de Normandie - www.orchestrenormandie.com

Les Musicales de Normandie : www.musicales-normandie.com

Festival de Musique ancienne -Académie Bach : www.academie-bach.fr

Festival Offenbach – Etretat – www.musicales-normandie.com

Promenades musicales en Pays d'Auge – pays-auge-culture.org

Cabourg, mon amour : www.cabourgmonamour.fr

Festival de l'ancienne abbaye de Grestain : www.abbaye-de-grestain.fr

Abbaye de Mortemer - www.abbaye-de-mortemer.fr

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« Œdipe à Colone » au Grestain : la distance et la proximité

4 Juillet 2015 , Rédigé par François Vicaire

« Œdipe à Colone » au Grestain  : la distance et la proximité

Nicolas Wapler est un homme heureux et il peut l'être.

Il est de ceux, en effet, qui peuvent mettre en accordance leur amour des mots et la magie des sites dans lesquels ils évoluent au quotidien.
L'ancienne abbaye du Grestain dont les vestiges se noient très romantiquement dans la verdure qui forme un écrin au pont de Normandie fait partie d'un patrimoine familial qu'il s'emploie non seulement à entretenir mais aussi à faire vivre intellectuellement.

Loin des agitations festivalières, l'abbaye de Grestain dont l'histoire retient surtout que la belle Arlette, mère de Guillaume le Conquérant y est enterrée, est devenue un lieu de rencontres et de réflexion à travers des spectacles qui échappent aux modes et s'inscrivent dans une exigence à la mesure du cadre où ils se déroulent.

Dans cette perspective il n'est pas étonnant que Nicolas Wapler ait fait appel à Jean-Christophe Blondel dont on connaît la rigueur et la prédilection pour les grands textes. Après le beau « Partage de midi » de l'an passé, il lui a demandé de revenir pour mettre en scène cet « Œdipe à Colone » dont il a fait une nouvelle traduction plus proche des spectateurs que les deux millénaires qui les séparent

Blondel s'attaque cette fois à forte partie. En effet, il n'est pas simple de manier Sophocle même si la traduction de Nicolas Wapler humanise au maximum cette histoire venue du fonds des âges et dont les péripéties sont régies par les dieux eux-même.

Il fallait trouver le moyen d'adapter le principe révérentiel qu'on accorde en général à l'exception pour lui donner une dimension moins austère et maîtriser d'une certaine manière le cérémonial sans pour autant le banaliser. Et il y est parvenu avec beaucoup d'adresse et d'intelligence.

Il faut dire que dans cet exercice de haut vol où l'adaptation et la mise en scène pouvaient prendre le risque de se catapulter, il a su jouer avec un dénominateur commun, déterminant, incontournable qui est le cadre lui-même. Jouant avec les « lointains » frémissants du décor, la mise en scène – la mise en espace et quel espace ! - permet aux personnages de se mouvoir dans un univers trop magique pour devenir précisément explicite et qui convient parfaitement à une action plongeant dans les arcanes d'une histoire immémorielle.

Dans ce contexte, Franck Andrieux, Michel Grand, Pauline Huruguen et Claude Merlin qui campe un Œdipe à la fois grandiose et pitoyable, jouent sur la distance et la proximité. Sympathiques, cohérents et enflammés, ils assument le poids de plusieurs emplois, y compris les excellents musiciens, Alexandra Grimal et Benjamin Duboc. Tous montrent de belles qualités d'intention qui gagneraient à se resserrer parfois mais le fièvre est là, palpable et les différents registres qu'ils utilisent font bonne mesure entre la grandeur de l'action et la proximité humaine voulue par Nicolas Wapler et Jean-Christophe Blondel.

Dans ce texte repensé dans le respect mais aussi dans le soucis de le rendre plus accessible, on est parfois à deux doigts du prosaïque et puis, soudain, on touche au sublime entre autre dans la mort d’œdipe et dans tout ce qui en découle. La tragédie reprend alors sa puissance évocatrice. Elle déroule le sanglant enchêtrement d'événements qui appartiennent à cette mythologie que chacun des spectateurs peut retrouver dans l'émotion de ses propres souvenirs.

Et c'est si vrai que Nicolas Wapler n'a pas voulu en rester là. Il a écrit un « Hémon et Antigone » qui est en quelque sorte une suite à cette trilogie thébaine. Elle trouvera à l'ancienne abbaye du Grestain les vendredi 21 et samedi 22 août son tragique épilogue et c'est un prolongement à ne pas manquer.

« Œdipe à Colonne » sera présenté une nouvelle fois dans la mise en scène de Jean-Christophe Blondel le mercredi 19 août à 20h30.

Pour connaîitre la saison de l'abbaye du Grestain , consulter le site www.abbaye-de-grestain.fr

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La Cantatrice chauve : Le bonheur d'être décoiffé !

4 Juillet 2015 , Rédigé par François Vicaire

La Cantatrice chauve : Le bonheur d'être décoiffé !

Les beautés mortifères qui ornent les façades de la cour intérieure de l'aître Saint Maclou ont dû avoir quelques soubresauts hoquetés devant la folie de cette « Cantatrice chauve » qu'y présente encore pendant quinze jours Catherine Delattres. C'est un spectacle qui hisse la qualité au niveau de l'absurde ou plus exactement l'absurde au niveau de la qualité.

De toute manière, de quelque manière qu'on les prenne, les pièces de ce puzzle fou étant interchangeables chacun peut y trouver son compte quand on l'accepte et … son mécompte quand on ne consent pas à s'y astreindre.

Mais comment ne pas entrer avec enthousiasme dans ce jeu de miroir déformant que Catherine Delattres a construit comme un ballet baroque qui ne faiblit pas un seul instant ?

Sa mise en scène est précise, incisive et drôle sans jamais sombrer dans le grotesque. C'est d'une intelligence acérée qui renouvelle l'idée que l'on peut se faire à tort de l'absurde. Car, si on y réfléchit bien, Ionesco ricane, bouscule, manie la dérision avec un plaisir jouissif mais en même temps fait un sort à cette « middle class » engoncée dans ses habitudes et les idées reçues.

De cette fantaisie de potache devenue un classique, il se dégage une santé abrupte, un bonheur impromptu, un désir un peu pervers de regarder les personnages se dépétrer dans les rouages d'une machine dont ils ne parviennent pas à maîtriser le mécanisme déjanté et de laisser ainsi au spectateur le bénéfice de ses propres doutes.

Car au milieu de toute cette folie, savamment orchestrée, il y a l'homme avec ses contradictions, ses peurs et ses fantasmes. La mise en scène ne perd jamais l'occasion d'humaniser des rapports artificiellement conflictuels qui n'ont ni queue ni tête mais qui, contre toute attente, portent en eux la logique implacable d'un authentique néant existenciel.

Catherine Delattres soumet son équipe de comédiens à un rythme très soutenu, très physique. On pourrait penser qu'elle les a abandonnés aux mains d'un manipulateur devenu subitement fou alors qu'elle maîtrise admirablement la construction intellectuelle et scénique du spectacle.

C'est une belle performance qui fonctionne au quart de tour. Il en résulte un remarquable travail sur le corps, sur la gestique et en même temps sur un art du « paraître » qui transforme très subtilement les différences en complémentarités et qui relève d'une analyse sur les êtres extrêmement pertinente.

La distribution se livre à une formidable exercice pour lequel il serait bien difficile de mettre en évidence un élément plus qu'un autre. Gaëlle Bidault, Sophie Caritté, Jean-François Levistre, Bernard Cherboeuf forment un quatuor dont les mouvements sont remarquablement agencés et qui derrière une apparente identité laisse transparaître chez chacun d'eux une réalité construite par petites touches subtiles. Nicolas Degrémont se livre à une époustouflante tirade qui vaut à elle seule le détour et Gwen Buhot affirme une présence qui pour être souvent muette, n'en est pas moins déterminante

Tout cela constitue un bel ensemble d'intelligence et de vivacité que l'on doit à la réflexion et au travail de Catherine Delattres et, aussi, à l'investissement d'une équipe de comédiens tout à fait remarquable.

Chauve ou pas, il faut aller voir cette cantatrice.

Et c'est un bonheur que de se laisser décoiffer par elle ! !

Aître Saint-Maclou – Rouen

Jusqu'au lundi 13 juillet à 21 heures (relâche le jeudi 9) – Réservations au 02 35 98 12 34

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