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Théâtre en Normandie

A Radio HDR, la culture ça engage à tout !

14 Février 2017 , Rédigé par François Vicaire

Il y a quelques années une floraison de radios libres s'est épanouie en offrant à des générations de nouveaux auditeurs les bonheurs de la liberté de paroles et de la proximité.
Parmi elles beaucoup n'ont pas résisté à ce phénomène qui pour sympathique qu'il fût demandait des moyens humains et techniques qui très rapidement devinrent trop soliicitants pour que ceux qui en avaient été les initiateurs puissent se maintenir.
Par contre, d'autres se sont implantées assez durablement et solidement pour occuper une place déterminante dans le paysage audiovisuel de la région. Parmi elle, il y a la radio des Hauts de Rouen qui a construit un réseau d'animateurs « de bonne volonté » extrêmement agissant et qui en épaulant les sept permanents de la station forment un tissu d'informateurs bénévoles qui entretient le dialogue entre les communautés à travers des sujets qui s'emploient à toucher un maximum d'oreilles et de coeurs.

 

 

 

Il est évident que depuis 15 ans qu'elle existe, HDR joue un rôle essentiel dans un quartier qui a mis un certain temps avant de trouver son affirmation sociale. Il n'est donc pas étonnant que son audience se soit élargie au point de pousser Nicolas Leborgne, responsable technique de la radio et réalisateur, à trouver de nouvelles raisons de fidéliser son public. Parmi elles, il y a la culture.

Le domaine est d'importance même s'il n'est pas toujours facile de maintenir, sur une chaîne pluraliste, la juste mesure entre un didactisme trop appuyé et l'indépendance de ton qui fait le charme des radions libres.

Nicolas Leborgne a eu la chance de retrouver, un peu par hasard, un ancien camarade du lycée Jeanne-d'Arc dont le profil, ou plus exactement les multiples profils auquel son métier de comédiens le prédispose, correspondait parfaitement aux attentes d'une radio dont un des buts est d'être le « mix des cultures ».

Steeve Brunet, en effet, est un personnage qui ne se laisse pas enfermer dans des genres trop précis. Une indépendance d'esprit revendiquée qui lui offre une belle liberté d'action.

Au départ, sa carrière semblait le destiner à Sciences-Po jusqu'à ce que son goût pour l'aventure ne le fasse bifurquer vers le cinéma et le théâtre. De Molière à Kundera, de Goldoni à Racine en passant par Brecht et quelques autres, il a intégré « Théâtre en cie" » auquel il reste fidèle - « j'aime le théâtre en compagnie » précise-t-il - sans se faire oublier pour autant par la télévision, le cinéma ou la radio !

De ces retrouvailles rouennaises est née « ça n'engage à rien », une émission bi-mensuelle dans laquelle Brunet et Leborgne se livrent à un savoureux jeu de ping-pong dont la fonction est de mettre en évidence des spectacles présentés sur l'agglomération rouennaise et de donner envie d'aller les voir.

Le « ton » est résolument jeune et décalé et offre à un public, à priori néophyte, l'occasion d'avoir une approche sympathique et chaleureuse d'événements ou de manifestations culturelles se déroulant sur la région. C'est ainsi que HDR s'est assuré le soutien et la collaboration du Musée des Beaux-Arts et du 106 qui sont en quelques sorte pour la station de nouvelles antennes.

Quant à Steeve Brunet il se félicite de ces nouvelles collaborations :

« C'est une manière d'inciter le public qui ne va pas au théâtre de faire des découvertes et de répondre à une demande culturelle qui, au départ, ne se formule pas dans la mesure où il pense que ce n'est pas pour lui ou trop éloigné de ses attentes et de ses plaisirs ».

Jusque-là David Bobée et Yann Dacosta ont été ses invités. Tout prochainement, Romanes qui avait planté son chapiteau à Mont-Saint-Aignan viendra parler de ses expériences pour une série d'émissions. Puis Steeve Brunet recevra Ahmed Madani puis en juin la thématique tournera autour du spectacle "Inquiétudes", le tout étant en partenariat avec le CDN.

L'objectif de Steeve Brunet et de Nicolas Leborgne, répétons-le, est de susciter des envies, de favoriser l'accessibilité à d'autres formes de spectacles, de sauter en quelque sorte le pas pour faire tomber les barrières des idées reçues ou de l'indifférence.

En juillet et août Steeve Brunet s'envolera pour le Burkina Faso pour le « Kino Ouaga », une série de rencontres dans lesquelles cinéastes, techniciens et comédiens vont se retrouver pour confronter et partager leurs expériences et faire des films ensemble... une manière de prouver que la culture si « ça n'engage à rien », ça mène toujours quelques part !

Pour écouter radio HDR : 99.1

radiohdr.net et sur la page facebook où vous retrouverez les enregistrements de « ça n'engage à rien »

Steeve Brunet et Nicolas Leborgne : une partie  de ping-pong (photo :Melvin Renault)

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Les chants de la négritude pour le « Printemps des poètes »

11 Février 2017 , Rédigé par François Vicaire

De son observatoire de l'Ile du Roy, Patrick Verschuren a développé depuis des années une connaissance profonde des éléments et des êtres qui lui permet de dessiner sans grand risque des prévisions poétiques qui échappent aux caprices de la météorologie.

C'est pourquoi avec la belle assurance des spécialistes qui font plus confiance aux impressions qu'à la statistique, il nous annonce sans coup férir que le Printemps de cette année sera chaud et ensoleillé.

Une assertion optimiste qui s'inscrit dans le cadre de la nouvelle saison du « Printemps des poètes », mise en place en partenariat avec « La Factorie / Maison de Poésie en Normandie », « Alias Victor » et « Détournements » le tout étant placé sous la houlette de la direction des affaires culturelles et avec l'aide de la ville de Rouen.

Ecoute le message de l'Afrique lointaine et le chant de ton sang

Prenant pour appui la première phrase du « Chant de printemps » de Léopold  Sedar Sanghor, la programmation du « Printemps des poètes », a construit un parcours qui illustre parfaitement les grands courants d'inspiration de cette Afrique  dont la richesse instinctive alimente les imaginaires d'un occident qui a beaucoup puisé dans la diversité de ses origines.

C'est en quelque sorte une exploration en négritude dans laquelle les principales étapes qui la composent vont voir se succéder du 4 au 5 mars des poètes du Maghreb, des conteurs africains et des personnalités qui du Congo au Cameroun en passant par l'Algérie et la Tunisie forment un véritable panorama poétique dans lequel s'intègrent des artistes normands qui font en quelque sorte le lien intellectuel et humain entre les continents.

On y retrouve en effet Alexis Pelletier pour un montage de textes de poètes d'Afrique noire, Gersende Michel qui s'intéresse aux poétesses du Maghreb et d'Orient, Evelyne Pellerin Ngo Maa qui déroule les subtilités du langage et du chant qui se répondent et s'interpénètrent, la compagnie « Alias Victor » d'Alain Fleury qui présentera un spectacle réservé au jeune public etc ... Céline Gouel qui proposera aux jeunes générations un spectacle « Têtenlair et Maman lampadaire »  avec Jérôme Revel et.... un lampadaire, le tout mis en scène par Patrick Verschueren.

On y retrouvera également des élèves du Conservatoire de Région de Rouen qui pimenteront une série de parcours allant du musée d'Histoire naturelle à celui des Antiquités sans omettre des incursions sur le marché de Fécamp avec des « Pêcheurs de poèmes » ou à Blangy avec l'étonnant « Contre les bêtes » de Jacques Rebotier avec Arno Feffer dans une mise en scène de Patrick Verschueren mais aussi dans l'Eure, entre autres, à Evreux, Louviers, Bernay, Val de Reuil et dont bien évidemment l'Ile du Roy.

Toute la programmation sur printempsdespoetes.com

Notre photo : « Tetenlair et Maman lampadaire » de Céline Gouel avec Jérôme Revel (photo Olivier Bonnet)

 

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