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Théâtre en Normandie

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23 Septembre 2016 , Rédigé par François Vicaire

Le contrat de Frédéric Roels à la tête de l'opéra de Normandie arrivera bientôt à son terme. Même si ce n'est pas pour l'immédiat, il n'est pas prématuré d'en parler. Une saison, en effet, ne se fait pas en un an. Il y a le temps de la maturation puis celui de conception et enfin celui de son application. Autant d'étapes à franchir qui demandent qu'on prenne le temps d'y réfléchir dès maintenant.

Après huit ans de direction, l'échéance pour Frederic Roel s'annonce pour la fin de 2017. Autant dire que sa succession, même si elle n'est pas encore officiellement ouverte, va agiter le monde de l'opéra.

C'est une péripétie normale dans la carrière d'un directeur qui doit au bout de son parcours dans une maison s'employer à chercher d'autres cieux qui voudront bien l'accueillir ou bien se lancer de nouveau dans une compétition sans avoir la garantie de se voir reconduit à sa propre succession.... ce qui est, il faut bien le dire, plutôt rare de nos jours.

Catherine Morin-Desailly, présidente de l'Etablissement Public de Coopération Culturelle qui gère l'Opéra va devoir s'attaquer à la tache urgente et difficile de trouver l'oiseau rare que tout le monde attend. Il lui appartiendra de lancer l'appel d'offres indispensable dans ce genre d'opération même si parfois les jeux sont déjà faits en sous main ce qui ne semble pas, en l'occurence, être le cas.

Il lui faudra ensuite, et ce ne sera pas le plus simple de sa mission, faire des coupes définitives dans la somme des candidatures qui vont s'amonceller sur son bureau et décider du « ritght man at the right place » qui devra mener sur les routes de la notoriété une maison qui depuis qu'elle existe (on la connaissait déjà sous la Révolution sous le nom de « Théâtre de la Montagne »!) a connu les heurs et les malheurs d'une institution qui tient dans la mythologie rouennaise une place primordiale.

L'Opéra de Normandie représente une centaine d'emplois auxquels il faut adjoindre des intermittents, techniciens et artistes, qui doublent quasiment son effectif réel.

Son budget est de 12 millions et demi d'euros qui sont essentiellement portés sur les épaules financières de la Région.

Parmi les bailleurs de fonds principaux, il y a la ville de Rouen qui s'y inscrit pour un million d'euros, le ministère de la Culture pour la même somme et la Métropole pour 350.000. A cela il faut ajouter la vente de spectacles et les co-productions pour quelque 200.000 euros et au bas mot 250.000 euros provenant du mécenat. Avec une billetterie qui avoisine les 1.5000.000 d'euros on est donc loin du compte et c'est à la Région de boucler le budget.

Il s'agit donc pour elle de ne pas de se tromper.

Mais peut-on définir vraiment le profil du nouveau patron de l'Opéra ?

On le veut, en priorité – et c'est le moins qu'on puisse lui demander – fin connaissur de l'art lyrique et qu'il ait les capacités artistiques et humaines de redonner à la maison sa vocation de création lyrique qui a, il faut bien le dire, quelque peu perdu de sa pertinence. Actuellement l'opéra, en tant que tel, ne tient pas une place essentielle dans la programmation et c'est au bénéfice - ou au détriment, dirons certains - d'un « essaimage musical » très éclaté.

Avec les nouvelles fonctions de l'auditorium Corneille et les perspectives, esquissées par Catherine Morin-Desailly, de voir un jour Sainte-Croix de Pelletiers recevoir la musique de chambre, le plateau des « Arts » devrait redevenir totalement disponible pour ce quoi il est fait : l'opéra.

A cela, on doit attendre que son directeur posséde à fond les complexités budgétaires d'une maison qui fonctionne comme une entreprise. En même temps, on attend de lui qu'il ait le goût de l'innovation, voire de l'audace, en faisant s'accomoder harmonieusement les œuvres du répertoire et les créations. Car pour garder aux premières leur crédibilité, il faut contrebalancer un académisme que les relectures ne font bien souvent que dénaturer, par un travail de création musicale et esthétique qui soit pensé, réalisé et susceptible de jeter sur la maison un coup de projecteur national.

En quelque sorte mettre l'opéra à l'aune de son temps tout en préservant les capacités de rêve qui font son charme.

De quoi faire mentir Figaro quand il disait : « Il fallait un calculateur, c'est un danseur qui l'obtint ».

En l'occurence pour ce qui intéresse l'opéra... l'idéal est de trouver les deux en une seule fonction !

Bon courage Catherine !

(à suivre : de Cabourg à Ethuin, les années fastes)

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La saison de Bobée au CDN : faire tomber les chapelles

23 Septembre 2016 , Rédigé par François Vicaire

La saison de Bobée au CDN : faire tomber les chapelles

La parité !

C'est le maître mot de la saison du centre dramatique national.
Celui qui permet à David Bobée d'accorder ses exigences artistiques à des motivations personnelles clairement exprimées et qu'il met en application tout le long d'une programmation qui est en même temps un manifeste.
Il n'y a aucune posture dans cette démarche. Elle colle au plus près avec ce qu'est le directeur du CDN... à savoir son refus des différences, son acceptation des autres, son regard chaleureux porté sur le monde, une main tendue - et ce n'est pas une figure de style – vers les plus démunis. Avec en prime, si l'on peut dire, une indépendance d'esprit favorisant chez lui une éclosion d'idées qui fusent un peu dans tous les sens mais qui vont dans la même direction, à savoir le spectacle dans ce qu'il doit avoir de plus sincère et de plus authentique dans ce qu'il veut démontrer

Bref, vous l'aurez compris, Bobée est un humaniste qui refuse de s'arrêter aux notions obsolètes de droite ou de gauche et qui milite pour cette vision métissée qui lui tient à coeur (même si aux extrêmes, il n'est pas sans irriter... ce qui qui le ravit!)

C'est redonner au spectacle vivant la fonction politique qu'il ne devrait jamais perdre surtout en ces temps difficiles.

Parler donc de la saison du CDN, c'est parler un peu, beaucoup, de son directeur. Mais comme il est plutôt du genre réservé, il préfère laisser sa programmation le faire pour lui.

Alors, évidemment, on pourrait évoquer la grande réussite d'une aventure qui entre dans sa quatrième année, mettre en exergue la progression significative de la fréquentation des trois entités dont il a la responsabilité, monter en épingle le poids d'une renommée qui dépasse nos frontières (sa « Lucrèce » a pulvérisé des records un peu partout dans le monde et fera sa rentrée prochaine à Paris). Ce serait aussi insister sur la fonction formatrice qui s'est instaurée à « La Foudre » où les jeunes créateurs trouvent une terre d'asile et un lieu de réflexion.

Dans cet esprit, l'ouverture aux compagnies régionales, est déterminant. On retrouve cette année Yann Dacosta qui vient avec son « Loveless » et ses « contes de la forêt viennoise », Mathieu Létuvé qui s'engage sur la route d'un petit Poucet revisité, Martin Legros qui est un transfuge de la « Piccola », Anne-Sophie Pauchet et Arnaud Troalic avec « L'île aux esclaves », un Marivaux si étrangement d'actualité, Thomas Jolly et son « Richard III » qui pour des raisons de plateau sera présenté au Rive-Gauche et même Flaubert dont la « Bovary », revue et corrigée par le dramaturge Tiago Rodrigues démontrera, s'il en était besoin, l'universalité du personnage.

A côté de ses références qui ne sont pas de circonstance mais qui s'inscrivent dans une logique de qualité qui les justifient, Bobée en collaboration étroite avec Philippe Chamaux et Charlotte Flament qui sont auprès de lui les piliers non pas de la sagesse mais ceux sur lesquels ils s'appuie pour construire ses saisons, vont alterner les beautés métissées qui vont du Burkina Faso, à l'Iran, la Colombie, les Caraïbes, l'Algérie, le Japon en ayant le souci de respecter une parité homme/femme scrupuleusement assumée.

Tout cela représente une volonté de faire du CDN un endroit où venir au théâtre devient aussi facile que d'aller au cinéma. D'ouvrir, en quelque sorte, les portes des chapelles pour y faire entrer un grand bol d'air libératoire

Toute la programmation sur www.cdn-normandierouen.fr

Photo Arnaud Bertereau – Agence Mona/design

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Bertrand Landais : La culture à bout de bras et à bras le corps

16 Septembre 2016 , Rédigé par François Vicaire

Bertrand Landais : La culture à bout de bras et à bras le corps

C'est un peu le funiculaire de l'agglomération rouennaise.

Entre le « haut » et le « bas » de Canteleu, il y a des dénivellations surprenantes qui tiennent au hasard d'une géographie urbaine pas toujours évidente à gérer.

Bertrand Landais, directeur du Centre culturel François Mitterrand maîtrise parfaitement cette curieuse disposition qui anime sur un rayon d'action éclaté les

multiples opportunités dont il a la charge.

Une situation de grand écart qui l'oblige à prendre de la hauteur dans la politique culturelle qu'il mène tout en jouant avec la proximité d'un tissu social et humain dont les composantes ont chacune leur spécificité.

Il y a Canteleu propremement dit mais aussi Bapeaume, Dieppedale, Croisset... Autant d'éléments différents qui représentent 16.000 habitants. Il nous faut

servir de médiateur culturel au milieu d'un développement urbain bien particulier. Une démarche qui passe par une connaissance approndie de notre public dont il faut mesurer les attentes pour mettre en place des propositions répondant au mieux à tout les formes d'échanges qui peuvent s'instituer dans un cadre dont les délimitations sont très ouvertes.

Nous ne travaillons pas pour une salle qui à son public bien déterminé. Au contraire, nous devons être à l'écoute d'une population dans laquelle se retrouvent toutes les générations, depuis les anciens jusqu'aux jeunes des établissements scolaires ou qui nous viennent du centre départemental de l'enfance ou du lycé hôtelier sans oublier les enfants qui jouent sur l'esplanade de la médiathèque. C'est une aventure humaine se renouvellant constamment et qu'il faut prendre à bras-le-corps pour rester en prise directe avec une communauté dont les éléments se juxtaposent et pour lesquels l'Epace est un point de rencontre et d'échanges .

Comme il ne peut pas répondre réellement à toutes les aspirations et que les attentes qui se font jour à Canteleu ne sont pas obligatoirement celles de Dieppedalle, Bertrand Landais s'en tient à celles vers lesquelles tendent ses préférences.

Il construit ses saisons selon des coups de cœur qui lui donnent une total liberté d'action et le pousse à construire des itinéraires qui conduisent vers trois directions bien précises : convaincre, alerter, informer.

Un jeu de balance intellectuel

Pour y parvenir, il peut s'appuyer sur un élément majeur qui est le cinéma. Là encore, il fait preuve d'une grande indépendance dans l'élaboration de sa programmation. Le cinéma est le terrain idéal pour réunir tous les publics, depuis les plus larges avec des grosses « machines » qui vont remplir la salle jusqu'à des productions plus pointues, moins complaisantes mais qui interpellent et qui incitent à la réflexion.

Un jeu de balance intellectuel qui lui convient parfaitement et qui lui a permis, par exemple, d'inviter Bernard Pivot pour une soirée consacrée à l'écriture et à la lecture et qui lui laisse entrevoir la possibilibité de faire la même expérience avec Pierre Richard.... une manière de prouver que la distance qu'il y a entre « Apostrophes » et « La chèvre » n'est pas infranchissable.

En fait Bertrand Landais connaît bien sa maison et ceux qui la fréquentent et avec lesquels il s'efforce d'établir des contatcs qui échappent au formel. Etre proche des gens est un élément de base d'une politique militante qui lui permet de créer une unité d'intentions qui préside à l'esprit de la maison. Depui sa création avec André Hisse dont il fut l'assistant avant de lui succèder, Bertrand Landais a suivi et jalonné de bonheurs divers toutes les étapes du Centre Culturel. Installé au coeur de la ville nouvelle, à deux pas de la « Médiathèque » qui est sa complémentarité naturelle tout en étant indépendante, l'Espace s'est construit une réalité qui tient beaucoup à la clairvoyance de celui qui la dirige. Avec une capacité d'écoute qui ne se ralentit jamais et une grande dose de passion et d'humour, il en a fait un lieu de vie et surtoût le lien indispensable qui relie le « haut » et le « bas » de Canteleu.

C'est la bonne manière pour que le « funiculaire » de Canteleu fasse son travail de navette culturelle.

Toute la programmation sur www.mediatheque.ville-canteleu.fr

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Au Jardin des plantes, les poètes vont ouvrir leur jardin secret

15 Septembre 2016 , Rédigé par François Vicaire

Au Jardin des plantes, les poètes vont ouvrir leur jardin secret

« Qu'est-ce que la poésie ?» demandait Musset.

Bien d'autres avant lui se sont posé la question en apportant chacun une réponse qui était comme une pierre ajoutée à un édifice qui n'en finit pas de chercher les sommets. Depuis, bien d'autres encore se sont employés à trouver une définition à ce qui est, par essence même, indéfinissable.

Parmi eux, Jacques Perrot qui avec des passionnés comme Françoise Navarro, Alexis Pelletier, Mélanie Leblanc, Alain Fleury, Patrick Verchueren et tous ceux qui constituent le « noyau dur » de l'association Détournements , font souffler sur la ville un petit vent qui est un grand bol d'air frais.

Cela fait cinq ans maintenant que grâce à eux les mots et la danse se donnent rendez-vous dans les rues de Rouen pour des rencontres informelles qui interpellent le badaud – dans le bons sens du terme – et le confronte à la richesse des images qui surprennent, à la richesse du mot qui jaillit et du geste qui le souligne.

Jusque-là, c'est Saint-Maclou avec comme point de fixation l'Aître qui est à lui seul un incomparable morceau de poésie, qui servait de cadre à cette manifestation hors norme. L'Aître, comme on le sait, va subir une politique de rénovation dont on espère qu'elle ne lui enlèvera rien de sa beauté singulière ni de sa vocation historique et culturelle d'où pour les organisateurs l'obligation d'aller chercher une nouvelle terre d'asile. Et c'est Julien Goossens qui l'a offerte en leur ouvrant toutes grandes les grilles du Jardin des Plantes qui sous son impulsion mène une politique d'animations dont le festival Vibrations a été dernièrement une parfaite illustration.

C'est donc au milieu des parterres et sous la voute de l'Orangerie que la poésie va fleurir toute la journée du 1er octobre depuis 14 heures jusqu'à une déambulation poétique en nocturne qui se fera à la lueur des lampes électriques et de bougies en guise de lucioles.

En fait, les festivités commenceront plus avant, dès le mercredi 28 à la bibliothèque Saint-Sever avec le retour de Gisèle Gréau qui quitte son « Grand Atelier » et ses bonheurs occitans pour faire glisser les beautés diaphanes comme des ombres dans une lecture dansée qu'elle prolongera le samedi à 16 heures dans la Serre de l'Horloge en compagnie d'Alain Fleury et de Manuella Brivary à partir d'un texte de Fabrice Caravaca.

Au Jardin des plantes, les poètes vont ouvrir leur jardin secret

Autre rencontre, attendue car elle se fait rare à Rouen, celle avec Elise Caron qui sera à 20 heures 30 pour un concert-parole avec Jacque Rebotier.

Toute la journée les performances se succéderont avec des comédiens, des auteurs, des éditeurs, des danseurs et, surtout, des visiteurs qui deviendront eux-mêmes les acteurs de leur propre démarche poétique. Il en sera ainsi de ce « speed-poeting » au cours desquels et en quelques minutes, ils dialogueront avec un poème tiré de l'anthologie parue l'année dernière chez Christophe Chomant. Ils auront juste le temps de faire connaissance qu'il leur faudra changer de table pour engager un nouveau flirt avec un texte inconnu.

Dans le cadre extrêmement attractif du Jardins des Plantes, toutes les formes de poésie vont donc se retrouver et donner au « jardin secret » que chacun poète porte en lui une nouvelle dimension.

Musset disait que la poésie c'était « faire une perle d'une larme ».

A Rouen ce sera une goutte de rosée !

Toute la programmation sur www.poesie-danse-la-rue.fr

nos photos :

Gisèle Gréau

Elise Caron (photo Barbara Cabot)

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Vincent Dumestre : un concept idéaliste pour la Chapelle Corneille

12 Septembre 2016 , Rédigé par François Vicaire

Vincent Dumestre : un concept idéaliste pour la Chapelle Corneille

Rarement l'adéquation qui s'opère entre un lieu et ceux qui l'animent est aussi parfaite ment évidente.

Dans cette chapelle du lycée Corneille dont la beauté sereine presque hiératique est rehaussée par les ors de ses somptueux retables, on sent que Vincent Dumestre est totalement dans un univers qui correspond au sien.... un peu comme si la grandeur et l'intériorité de l'art baroque s'y installaient tout naturellement en sa compagnie.

On en a eu l'illustration avec le premier concours international qui a réuni une trentaine de jeunes musiciens dans les trois disciplines de base de l'instrumentation baroque, à savoir la viole de gambe, le violon et le violoncelle. Pendant trois jours, et sous l'écoute attentive et rigoureuse d'un jury international, ils se sont confrontés dans des étapes de compétitions dont ont émergé les grands interprètes de demain.

Avec ce concours, la chapelle du lycée Corneille a trouvé une - et non des moindres - de ses vocations, celle de révélateur et l'inscrit dans une ambition qui va bien au-delà de la fonction d'une simple salle de concert.

Entre les intentions que le « Poème harmonique » développe et les grandeurs qu'inspire le cadre, il y a des correspondances qui aboutissent à ce que Dumestre appelle un « concept idéaliste ».

« Quand on investit un lieu pour des concerts, on ne sait jamais très bien comment il va se comporter. Il faut en apprivoiser certains, il y en a d'autres qui se défendent et ceux enfin, comme la chapelle, dans lesquels on sait que la musique s'épanouira merveilleusement. Dans une salle que l'on découvre, il faut que les paramètres musicaux, esthétiques, acoutiques – se rejoignent, se complètent et donnent aux musiciens et par la même occasion au public un sentiment très fort d'appartenance réciproque . C'est ce que nous nous employon de faire à Corneille » .

De ses murs longtemps habités par les Jésuites qui n'étaient pas hommes de facilité, se dégage une exigence qui donne la mesure d'un espace privilégié qui ne supporterait pas les fautes de goût, voire les approximations.

Et pour éviter les dispersions malencontreuses, Vincent Dumestre à construit sa saison 2016 selon un plan qui se décline en cinq « journées » dont la première était le concours.

Relevons au passage quelques uns des grands rendez-vous qu'offre « Le Poème Harmonique » :

Le jeudi 3 novembre à 20 heures, les « Ténèbres » de Couperin et des motets de Clérambault avec pour support des textes de Pascal dits par Benjamin Lazar.

Le Samedi 5 novembre à 20 heures, à l'austérité lumineuse de cette belle rencontre, succédera la fièvre de ces salons musicaux du grand siècle qui furent le centre de diffusion de l'esprit précieux à l'image de la fameuse chambre bleue de « l'incomparable Arthénice », autrement dit Madame de Rambouillet..

Le lundi 7 novembre à 20 heures, ce sera Jordi Savall qui s'installera à la chapelle pour un concert consacré à la viole de gambe dont les sonorités sont si proches de la voix humaine.

Le Jeudi 15 décembre à 22 heures, Marc Mauillon dont la qualité du timbre rejoint l'élégance du style présentera un récital survolant les siècles pour arriver à l'univers si particulier des aborigènes d'Australie.

Le samedi 17 décembre à 20 heures, l'éblouissant Pino de Vittorio dans « Le Tarentelle del Rimorsi » restituera les agitations frénétiques du chant traditionnel du sud de l'Italie. (en co-accueil avec « L'Etincelle »)

Le jeudi 30 mars à 20 heures , Vincent Dumestre ouvrira cette série consacrée aux prisons, à l'amour et à la pénitence avec des chansons écrites par le trop célèbre Lacenaire, voleur, assassin, personnage exemplaire et ambigu de cette faune qui hantait le boulevard du crime et magnifiée par la complainte populaire.

Le samedi 1er avril, « Le Poème Harmonique » déroulera les grâces et les verdeurs de délicieux airs de cour du XVIème.

Le dimanche 2 avril à 20 heures, le claveciniste Pierre Hantaï interprètera des pièces extraites du « Fitzwilliam virginal book » qui est considéré commet le recueil essentiel de la musique élisabéthaine pour clavecin. On y retrouvera – en autres - des compositeurs comme Byrd, Gibbons, Morley, Tallis etc ...
Enfin, le jeudi 1er juin, un peu en apothéose, resonneront les fastes royaux du XVII° avec le célèbre « Te Deum » de Lalande sous les voûtes grandioses de l'édifice comme pour confirmer la vocation qu'il doit garder en priorité.

Tout cela n'est qu'un survol. De nombreux autres concerts, des rencontres, de conférences sont à l'affiche de ces « Saisons baroques » et affirment la chapelle comme un des éléments majeurs de la vie musicale de Rouen.

Incontestablement, Vincent Dumestre est un de ceux qui connaissent le mieux cet édifice d'exception et les moyens pour parvenir à mettre en application ce « concept idéaliste » qu'il appelle de ses vœux.

(photo Jean Pouget)

- Toute la programmation sur www.lepoemeharmonique.fr

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Vincent Lacoste : le magicien du « Relais »

9 Septembre 2016 , Rédigé par François Vicaire

Vincent Lacoste : le magicien du « Relais »

Ce qui est rare se mérite.... c'est une évidence qui devient une certitude une fois que l'on est parvenu au « Relais » en pleine campagne normande chez Vincent Lacoste.

Cela fait quinze ans maintenant que ce comédien, chorégraphe, homme de scène et de passion dont toute la carrière s'était menée jusque-là dans la frénésie des capitales a décidé de prendre le large et de mettre de la distance entre les urgences de l'instant et les nécessités de la réflexion sans pour autant négliger son travail avec sa compagnie « Expir ».

Une démarche en forme d'expérience qui lui a permis de construire dans cet endroit, loin de tout mais pas de tous, un lieu d'accueil et de résidence mais aussi une plate-forme d'échanges qui permet au spectacle vivant de se revivifier.

S'y retrouvent des compagnies ou des individualités fortes et originales qui redécouvrent dans le calme le bonheur de se pencher sur leur travail et, par voie de conséquence, sur elles-même.

C'est une démarche singulière – dans le bon sens du terme – basée tout à la fois sur la convialité, et on peut compter sur Vincent Lacoste pour qu'elle soit productive et généreuse, et en même temps construite sur une philosophie qui n'enferme pas ceux qui la pratiquent.

Au Catelier, en effet, on peut être seul sans être jamais solitaire.

Un axiome qui illustre bien une démarche disponible dont les premiers bénéficiaires, en plus des intervenants, ont été les habitants de la région immédiate.

En effet, très rapidement Vincent Lacoste a voulu que les projets qui naissaient ou se parachevaient chez lui trouvent d'une certaine manière leur application auprès de cette notion un peu magique sans laquelle rien ne serait : le public.

Un public très diversifié. En plus d'afficionados qui dès le départ ont affirmé une âme d'explorateurs, les habitants des communes environnantes ont bénéficié d'une accessibilité échapant aux sentiers battus de la culture officielle. Ainsi, par l'intermédaire des communautés de communes, un public neuf a été confronté à des projets quelquefois très éloignés de la vision que leurs habitants avaient de l'expression artistique. Le principe se veut actif et favorise des participations directes comme ce sera le cas cette année avec un groupe de femmes de la région qui vont intervenir dans une performance de Pascal Lièvre sur le féminisme.

Les résidents qui se succèdent sous les ombrages du Catelier ne se soumettent pas toujours à cet exercice périlleux car au « Relais » on cultive une totale liberté d'action. Pourtant beaucoup se plient avec bonheur aux découvertes que sont appelés à faire des membres des clubs du 3ème âge, des enfants des écoles, des clubs de personnes handicapées et de tous ceux qui constituent le tissu social et humain d'une région rurale et s'abandonnent avec une délectation curieuse aux joies de la découverte surprenante.

Découverte d'une esthétique, d'un mode d'expression différent et souvent novateur, découverte aussi pour les intervenants eux-mêmes d'une réflexion, voire d'une prise de conscience générées par un lieu qui est un creuset de créations échappant aux modes et qui s'imprègnent d'une authenticité que Vincent Lacoste entretient dans cette enclave préservée et donc privilégiée.

Il y a des lieux qui sont magiques.... il suffit seulement de trouver le bon magicien : il est au Catelier.

Toutes les infos sur : www.le-relais-theatre.fr

photo :Jérôme Séron

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ORN : Sur les hautes marches du podium normand

3 Septembre 2016 , Rédigé par François Vicaire

ORN : Sur les hautes marches du podium normand

L'annonce d'une saison a toujours quelque chose de périlleux dans la mesure où il faut globaliser sans être réducteur.

Dans l'élaboration de sa très riche programmation 2016-2017 pour l'Orchestre Régional de Normandie, Guillaume Lamas plutôt que de s'en tenir à une démarche thématique a préféré mettre en place de grands espaces ouverts à la diversité et à la curiosité.

« Nous nous efforçons d'aller vers les attentes de notre public, celui qui nous est fidèle depuis des années et celui que nous nous employons à convaincre.. En réalité je devrais parler de nos publics tant, depuis quelques années, il a su se diversifier aussi bien au niveau des tranches d'âge que des couches sociales. Dans le contexte actuel où la culture a de plus en plus besoin de s'ouvrir aux autres, une véritable nécessité culturelle et humaine doit privilégier des axes de développement et surtout de rayonnement interpellant le plus grand monde ».

C'est en quelque sorte le but que s'assigne l'Orchestre Régional de Normandie dont le vocable dit bien la place qu'il occupe dans son rayon d'action naturel à savoir le Calvados mais aussi, celle qu'il est appelé à tenir dans le cadre de cette « Grande Normandie » qui doit être tout à la fois géographique, économique et culturelle.

« Cette nouvelle dimension politique nous impose d'agrandir nos rayons d'action et d'être extrêmement attentif aux attentes des publics auxquels elles sont destinées et qui, dans leur grande majorité, nous font confiance. Ce qui accroît d'autant plus notre responsabilité à leur égard et à l'égard de nos partenaires financiers. Cette responsabilité nous dicte une volonté d'assurer une transmission des savoirs harmonieuse et exigeante favorisant l'accès à une culture sans exclusive, dynamique insufflée et portée par la création musicale et ses corollaires ».

320 manifestations en 2016

Tout cela s'est concrétisé pour la saison dernière par une alignée de chiffres éloquente représentant quelque 320 manifestations se répartissant en 202 concerts (out public et action culturelle et 119 actions culturelles le tout irriguant et sensibilisant 140 communes du Calvados, de la Manche, de l'Orne, de l'Eure et de la Seine-Maritime.

La nouvelle saison va répondre à la même exigence en l'accentuant encore avec de nombreux projets choeur et orchestre et la participation d'une quarantaine de solistes. Ils vont se répartir la tâche de construire neuf programmes de musique de chambre, un projet lyrique, un récital, un concert littéraire, trois spectacles consacrés à la famille et à l'humour, un concert de musiques actuelles, un concert de musique savante du monde et trois ciné-concerts. Le tout représentant une trentaine d'oeuvres du grand répertoire orchestré et arrangé pour un effectif instrumental dont la souplesse et la mobilité permettent de le plier à toutes les formes musicales et à toutes les interprétations.

De ce beau panorama émergent deux créations qui seront diffusées en novembre 2016 et significatives de l'intelligence et de la curiosité de la politique menée par l'ORN.

Ce sont « Les défertantes » et « Le siffleur ».

« Le siffleur », c'est en quelque sorte un hommage à cet art si particulier qui consiste à donner du souffle aux couleurs de la mélodie. Pour ce concert très particulier, le siffleur sera Fred Radix, grand représentant d'une tradition qui retrouve ses lettres de noblesse. Accompagné par l'ochestre Régional, il interprètera des œuvres de Schubert, Mozart, Bizet, Strauss dans des transcriptions qu'a réalisées Olivier Vonderscher.

Quant aux « Déferlantes », elles s'inscrivent dans le cadre d'un concert littéraire construit autour du roman de Claudie Gallay sur une partition de Gilles Alonzo commandée pour la circonstance par l'ORN.

Autres temps forts de la saison : Le « Rake's progress » de Stravinsky mis en scène par David Bobée. Les mises en scène de Bobée ne sont jamais anodines et c'est la première fois qu'il va s'attaquer au monde de l'opéra. (les vendredi 4 à 20 heures et dimanche 6 novembre à 17 heure au théâtre de Caen). Après le Luxembourg, l'ouvrage viendra à l'Opéra de Normandie où il sera un des points forts de la saison lyrique.

Autre grand moment, celui qui donnera à Vincent Dumestre l'occasion de diriger l'ORN pour un concert consacré au contre-ténor Farinelli avec Paolo Lopez qui est un des plus brillants représentants du chant baroque. (du samedi 15 au dimanche 23 juillet).

De jeunes talents normands

En feuilletant la saison, on peut relever la participation des élèves du conservatoire à Rayonnement Régional de Rouen dans un projet intitulé « Sérénades et suites dansées » qui leur donnera l'occasion de s'initier aux mystères d'un orchestre professionnel et d'avoir ainsi une approche de leur futur avenir.

L'avenir, justement, il sera aussi présent avec une série de dix programmes donnant rendez-vous aux « Jeunes talents normands ». Une série qui se complètera de deux concerts consacrés aux jeunes chanteurs amateurs qui tout au long de l'année auront travaillé un programme sur le thème de la danse.

On trouvera d'heureuses découvertes tout au long de cette saison qui s'ouvrira avec « Un requiem allemand » de Brahms, dans un arrangement d'Alain Mabit et qui sera dirigé par Luciano Acocella dont les rouennais ont gardé un souvenir trop rapide.

Plus que jamais Caen se trouve aux portes de Rouen ou plus exactement la grande Normandie s'offre des passerelles culturelles. Ce sont à chaque fois de nouveaux paliers qui permettent à l'ORN d'accéder aux plus hautes marches du podium culturel.

Tout le détail de la saison sur www.orchestrenormandie.com

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Le festival de musique ancienne d'Arques-la-Bataille : Les derniers chants de l'été

28 Juillet 2016 , Rédigé par François Vicaire

Le festival de musique ancienne d'Arques-la-Bataille :  Les derniers chants de l'été

Cela fait maintenant treize ans qu'existe le festival de musique ancienne d'Arques- la -Bataille.... treize ans au cours desquels cette institution – car c'en est une – a su évoluer sans rien perdre pour autant de son originalité et des objectifs que Jean Paul Combet son directeur artistique voulait lui donner.

C'est, en effet, un des charmes de ces rencontres que d'avoir sauvegardé depuis leur naissance la saveur chaleureuse d'un rendez-vous échappant au parisianisme que ce genre de manifestation peut parfois entraîner.

Tout en lui gardant la fraîcheur de ses ambitions, le festival reste avant toute chose le rendez-vous de passionnés, qu'ils soient des environs immédiats ou que s'y joigne un contingent fidèle de vacanciers de la région. Les uns et les autres viennent se ressourcer aux exigences d'une programmation axée essentiellement sur la musique baroque sans pour autant s'arrêter à de strictes exclusives.

Une philosophie de la proximité qui favorise les contacts avec le public et qui chaque année prend de l'ampleur.

En effet, s'il en reste l'armature le festival de musique ancienne tel qu'il se présente aujourd'hui, déploie un certain nombre d'activités qui se recoupent, se complètent et forment un réseau qui couvre une année entière. Parallèmement il appuie son action sur des projets pédagogiques qui sont des éléments déterminants dans les activités du festival. Il en va ainsi d'expériences que Benjamin Lazar mène avec son « Théâtre de l'incrédule » auprès de jeunes élèves de cm1-cm2 d'Arques-la-Bataille qu'il inititie aux subtilités d'un phrasé et d'un travail d'expression autour des textes de Molière et de La Fontaine.

Dans le même temps, Jean-Paul Combet a mis en place, à raison d'un concert par mois, des séries de manifestations qui essaiment dans l'agglomération dieppoise et sont, en quelque sorte, le corollaire des cinq jours pendant lequel se déroule le festival proprement dit.

Celui-ci cette année s'est construit autour d'une thématique bien particulière qui est la chanson.... la chanson telle qu'on l'a pratiquée de tous temps et celle qui aujourd'hui encore reste un des véhicules privilégiés d'une culture populaire attestant, au fil des siècles, de sa vitalité et de sa grande diversité.

Jean-Paul Combet a voulu lui rendre hommage et montrer combien la chanson – qu'elle soit de geste ou d'intention - est un des supports sur lequel la musique baroque s'est particulièrement appuyée et développée. Cela va des trouvères juifs du XIIIème siècle aux pièces contemporaines écrites pour l'orgue. Quatre concerts qui sont comme une variation très libre déclinées autour d'un répertoire dans lequel des compositeurs comme Clément Jannequin, Froberger auquel, par ailleurs, une « nuit » sera consacrée, les compositeurs espagnols du XVIème siècle et des chansons de toutes les époques vont courir librement sur les claviers du bel orgue d'Arques qui reste le symbole de ces rencontres. (Les 24, 25, 26 et 27 août à l'église d'Arques-le-Bataille avec Benjamin Alard, Etienne Baillot, Gaël Liardion et Jean-Baptiste Monot).

Tout au long de ce parcours fredonné, le festival va favoriser des rencontres inattendues et passionnantes, entre autres, avec Christine de Pisan dont seuls les textes nous sont parvenus et sur lesquels l'ensemble « Voca me » a effectué une recherche qui est une véritable aventure historique et musicologique (Mardi 23 Août à l'église de Hautot-sur-Mer). Même découverte pour ces « chansons des vents et des saisons » dispensées par « Les Lunaisiens » d'Arnaud Marzorati le vendredi 26 août à Dieppe-Maritime-Innovation à Dieppe.

Auparavant, le mercredi 24 à 22 heures à la salle des fêtes de Martin-Eglise, on retrouvera d'une manière plus surprenante la célèbre Yvette Guilbert. On connaît d'elle surtout sa fameuse « Madame Arthur » et le non moins fameux « Fiacre ». Pourtant on sait moins qu'elle fut une fière propagandiste de textes rompant avec la grande tradition du « chat noir » et qu'elle revisita, surtout dans la seconde partie de sa longue carrière, un répertoire composé de chansons anciennes, pour ne pas dire moyenâgeuses. Françoise Masset et les « Musiciens de Saint-Julien » de François Lazarevitch évoqueront celle dont Toulouse-Lautrec immortalisa la silhouette longiligne et l'humour pointu. Ce sera rendre justice à une artiste à laquelle, contre toute attente, la musique baroque lui est redevable de l'avoir défendue à une époque où on s'en préoccupait peu.

Un autre personnage sera également au centre du festival. C'est Jehan Jacob Froberger, grand maître du clavier du XVII° siècle à qui il sera rendu hommage dans une « nuit » composée d'une série de concerts-promenades qui s'échelonneront en compagnie de Benjamin Alard, Etienne Baillot, Eric Bellocq et Eugène Michelangeli. (Le jeudi 25 août de 19 à 22 heures dans quatre lieux autour d' Arques).

Enfin pour rester dans le domaine de la chanson le festival se terminera avec le rendez-vous insolite mais passionnant que donnera Yann-Janch Kemener qui est « le » chanteur breton par excellence accompagné par le violoncelle à cinq cordes d'Aldo Ripoche

Bien entendu, autour de ce florilège chanté viendra s'intégrer – le maître oblige – Jean-Sébastien Bach avec son « Magnificat » par l'ensemble « Vox Luminis » le 25août à Arques-la-Bataille. Mais la veille, le 24 août les quintettes de Louis Vierne et de Gabriel Fauré seront en quelque sortes les garants de la beauté impressionniste de la région normande et de l'universalité de rencontres qui parent de ses feux les derniers chants de l'été.

Notre photo : Yann-Fanch Kemener

Festival de musique ancienne - Arques-la-bataille – Du 23 au 27 août –

Toute la programmation et réservations sur : www.academie.bach.fr – Tel 0235043075

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En Août, les bonheurs tourbillonnants d'Etretat

22 Juillet 2016 , Rédigé par François Vicaire

En Août, les bonheurs tourbillonnants d'Etretat

Le temps passe vite quand la musique est de bonne compagnie : cela fait 10 ans maintenant que le Festival Offenbach existe à Etretat, dix ans que la station où des célébrités comme Alphonse Karr, Maurice Leblanc, Maupassant, Flaubert et la cohorte du monde et du demi-monde de la fin du XIXème siècle s'y donnaient rendez-vous, organise une série de festivités qui ont toutes comme point de rencontre l'oeuvre et l'esprit du père de « La Belle Hélène ».

Présidée pendant de nombreuses années par Yves de Trégomain auquel a succédé Laetitia Leblond, l'Association des Amis d'Offenbach maintient le cap avec un bonheur souriant et efficace qui est le gage de sa longévité.

C'est Yves Coudray qui en est le directeur artistique depuis sa création. A chaque belle saison il s'emploie à trouver des artistes, des musiciens et des lieux qui soient significatifs d'un certain « bonheur d'être » dont toute l'oeuvre d'Offenbbach est imprégnée.

C'est un tour de force que de trouver des arguments pour que la rencontre de l'année ne ressemble pas à celle de l'année précédente et de savoir puiser dans un répertoire très divers avec la préoccupation d'aiguiser la curiosité des spectateurs. Cette année, le festival échappe aux galets étretataits pour aller prendre l'air à Fécamp et à Sainte-Adresse. Une manière de rendre hommage à cette côte normande qui fut et reste un fleuron du tourisme estival.

En tout, sept rencontres vont dispenser les bonheurs tourbillonnants d'une musique dispensée par l'orchestre et la troupe de comédiens-chanteurs placée sous la baguette de Philippe Hui qui est un habitué de la Normandie et qui dirigera, entre autres, cette pochade joyeusement parodique qu'est « Monsieur Choufleuri restera chez lui » dont l'auteur du livret n'était autre que le duc de Morny, lui-même, frère de la main gauche de l'Empereur Napoléon III.

L'argument met en scène des chanteurs amateurs qui se subsituent aux vedettes que Monsieur Choufleuri avait conviés et qui au pied – et à la voix – levés vont se livrer à des exercice de haute voltige vocale. Une occasion pour Offenbach de puiser dans les références lyriques de l'époque... ce qu'il avait déjà fait, par exemple, pour le fameux trio patriotique de « La belle Hélène » dans lequel les connaisseurs – et le public de l'époque l'était – avaient retouvé des réminiscence du « Guillaume Tell » de Rossini.

A côté de ce spectacle qui va mobiliser les sources vives du festival et qui sera donné les 4 et 6 août aux Bouffes Etretatais et le 7 à l'espace Sarah Bernhardt de Sainte-Adresse, des concerts, des rencontre, du cinéma même vont animer la station.

Le thème de cette année est « Offenbach portraitiste de son temps » ? De vrais chinois, de faux espagnols, des bourgeois parvenus forment une galerie haute en couleur qui est à quelques couplets près ceux de « La vie parisienne » et très caractéristique de la société cosmopolite du Second Empire que ce festival fait revivre heureusement.

Notre photo (Yves Petit) : la « stupéfiante » Edwige Bourdy dans le spectacle qu'elle avait consacré à Marie Dubas

Le programme

Vendredi 29 juillet - « Offenbach... avec l'Accent » à 19h - Hôtel Normandy, salle Maupassant – à Fécamp.

La soirée se poursuivra avec un repas au « Normandy », en compagnie des artistes

Samedi 30 juillet : Ouverture du Festival à 18h - le Perrey – Etretat – entrée libre Concert de l'Ensemble Instrumental du Festival et la troupe, dirigé par Philippe Hui

Lundi 1er août : « Offenbach l'Européen ... Viva España ! » À 16h - Au Domaine Saint Clair – Etretat - Avec la soprano basque Ainhoa Zuazua-Rubira, accompagnée par Nina Uhari.

Mardi 2 août : Cinéma qui chante – « Lumières de Paris » à 16h - Hôtel Dormy House – Etretat - Film musical avec Tino Rossi, Raymond Cordy et Marie Bizet. La projection sera présentée par Benoît Duteurtre.

Mercredi 3 août : « Offenbach passe l'archet » à 19h - Palais Bénédictine - Fécamp – avec le Quatuor de violoncelles composé de lauréats du Conservatoire de Rouen

Jeudi 4, samedi 6 août à 21h aux Bouffes Etretais, Dimanche 7 août à 20h à l'Espace Sarah Bernhardt à Sainte Adresse – 25 € « Monsieur Choufleuri restera chez lui le... » Avec Lionel Peintre, Edwige Bourdy, Clémence Olivier, Marc Larcher, Joseph Kauzman, Pierre Méchanick. Direction Philippe Hui

Jeudi 5 août - « Offenbach... avec l'Accent » à 20h30 - Espace Sarah Bernhardt - SainteAdresse – Concert avec les artistes de la troupe

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Rouen, la ville dont vous êtes le héros

17 Juillet 2016 , Rédigé par François Vicaire

 Rouen, la ville dont vous êtes le héros

« Promeneuses, promeneurs, amateurs d’épopées, fresques et sagas hautes en couleurs, aujourd’hui, à 18H précises, entrez par la grande porte de l’Histoire avec un grand H…

Prenez le grand escalier traversant les hautes sphères de l’Art avec un grand A…

Et rejoignez enfin l’interminable galerie de personnages illustres qui vous attendent pour partager la gloire et la renommée de notre capitale régionale… »

Cette belle formule de bateleur, on la doit à Olivier Gosse qui a concocté à l'intention des touristes et des rouennais qui ne partent pas en vacances un voyage imaginaire dans l'histoire de Rouen.

Un trio d’acteurs compopsé de Gaëlle Bidault, de Guillaume Payen et d'Olivier Gosse vont entraîner le public dans une déambulation théâtrale qui a travers une série de tableaux vivants vont évoquer, en mode décalé, les riches heures du passé rouennais.

Chaque station sera l’occasion d’évoquer une « gloire locale » dans un site qui lui est lié. Mais comme cette viste est de haute fantaisie les personnages « historiques » vont rencontrer ceux qui le sont moins ou qui s'apparentent à une démarche poétique qui fait fi de la vraisemblance pour approcher de plus près a une fiction romanesque aussi fascinante que la réalité.

C'est ainsi qu'aux détours d'un itinéraire mis en musique par Guilllaume Payen et Olivier Gosse, on rencontrera aussi bien Saint Romain que Corneille, Robert le Magnifique que la sœur (bien) cachée de Jeanne d’Arc,mais aussi un obscur peintre impressionniste et bien d’autres personnages nés tout à la fois de l'histoire la plus évidente et ceux imaginés pour les besoins d'un jeu de rôle qui permet de mieux appréhender les pulsations secrètes d'une ville.

Sur un ton volontairement léger et humoristique, la visite dévoile une facette cachée de l’histoire locale et plonge les spectacteurs dans une immersion qui fait d'eux les héros d'une saga revisitée grâce au charme et à la fantaisie de trois guides pas tout à fait comme les autres.

Les vendredis 22 et 29 juillet à 18 heures

Lieu de rendez-vous: Office de Tourisme, 25 Place de la Cathédrale

Réservation et réservation: 02 32 08 32 40



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