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Théâtre en Normandie

Avec Thomas Rollin, les délices rouennaises de l'amour masqué

Rédigé par François Vicaire

Quand Patrice Quéréel est décédé en 2015, les amis de ce « trublion poétique » qui avait fait de Rouen son champ d'exploration favori, ont organisé une longue déambulation dans les rues qu'il avait lui-même arpentées en exerçant le regard aiguisé et souriant d'un promeneur égaré dans ses rêves et pourtant bien ancré dans la réalité des choses.

Observateur souriant et attentif, fils spirituel de Marcel Duchamp, chantre du surréalisme et, surtout, amoureux inconditionnel de sa ville, Quéréel tenait une place particulière dans le paysage rouennais.

Pas étonnant qu'il ait fait des émules et qu'il continue de déclencher les tentations d'aller dans ses pas pour prolonger un parcours initiatique qui ouvrait les voies de la liberté à un imaginaire sans cesse en mouvement.

C'est en quelque sorte ce à quoi s'est attaché Thomas Rollin. Prenant pour base de référence son « Rouen érotique » et s'en inspirant très librement, il a construit un itinéraire qui traversera la ville et entraînera le public dans une « errance organisée » qui aura pour but d'aller à la rencontre des symboles affichés ou dissimulés du « Rouen libertin ».

Pour peu qu'on soit curieux, on peut en trouver des témoignages qui se cachent aux détours des rues, des immeubles dont les frises révèlent les polissonneries d'angelots délurés ou des symboles phalliques qui se dissimulent dans les sculptures de la cour d'honneur du Palais de Justice, voire dans les gargouilles de la cathédrale.

Thomas Rollin, Sophie Caritté, Nadia Sahali et à la guitare Evrard Moreau vont inviter les 28 juillet et 4 août les touristes et les rouennais qui ne sont pas partis en vacances à une promenade interdite quand même aux moins de 12 ans!. Elle partira du Palais de Justice pour aller vers la rue des Fossés Louis VIII, la rue du Petit-mouton en passant par la place des Carmes, histoire de saluer Flaubert, en passant, déambulera dans la rue Eau-de-Robec pour finir au bord de la grande fontaine du parc de l'Hôtel-de-Ville et, pourquoi pas, dans les fourrés propices aux délices des amours masquées.

Tout cela, bien sûr, restera dans les limites d'un imaginaire alimenté par des textes de Flaubert, de Maupassant, de George Sand, de Molière et de quelques autres auteurs inspirés par les délicieuses transgressions de la morale et aussi de chansons qui viendront ponctuer les étapes de ce charmant prétexte à mieux connaître la ville.

Organisé par « Le Safran » sous l'égide des services du Patrimoine de la Métropole, ce parcours poético-érotique est susceptible de réveiller les ardeurs caniculaires de l'été... du moins on l'espère.

 

Les vendredis 28 juillet et 4 août à 20 heures – Entrée (ô combien libre) devant le Palais de justice.

 

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