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Théâtre en Normandie

Les tréteaux du Vert-Galant

16 Mai 2017 , Rédigé par François Vicaire

A la fin du XVIIIème on pouvait voir sur les foires parisiennes la baraque du sieur Curtius qui présentait les masques mortuaires des hommes célèbres morts sur la guillotine. Curtius était un précurseur (sa nièce sera la célèbre Madame Tussaud qui créa à Londres le musée de cire qui porte toujours son nom). Il avait compris qu'en ces périodes où l'information était plus que fragmentaire, il fallait offrir l'Histoire au bon peuple et lui donner les moyens de mieux l'apprécier.
Les « mystères » devant les cathédrales n'avaient pas d'autre mission et de tout temps le théâtre, sous quelque forme que ce soit, s'est emparé des grands moments de l'épopée humaine ou spirituelle pour en donner une image parlante à ceux qui la découvraient.

D'une certaine manière, en moins macabre et en plus souriant, c'est ce que fait la compagnie des Papegault composée d'une solide et joyeuse équipe de comédiens qui, au théâtre de l'Echo du Robec, présente une vie du bon roi Henri IV en un « digest » remarquablement construit dans sa simplicité et sa compréhension.

Ce genre d'expérience exige de la rigueur dans le propos et de la fantaisie dans la manière de le montrer. Pour ce qui est de la rigueur, le texte de François-Xavier Vassard est un solide exposé qui suit à la lettre la vérité historique. Pour ce qui est de la fantaisie, il y a quelques clins d'oeil, quelques raccourcis qui font un sort (rapide) à la vraisemblance pour mieux coller à la tradition populaire. Mais l'essentiel est là. Rien ne manque aux événements sanglants qui jalonnèrent les carrrières tumultueuses des fils de Catherine de Médicis ni à l'accession au pouvoir du premier des Bourbon.

Gaillard au combat et paillard dans sa vie intime, Henri IV était hors du commun. L'évocation qu'en donne ce spectacle met en évidence les qualités et les défauts d'un souverain dont l'imagerie populaire a retenu surtout la poule au pot, son panache blanc et ses maîtresses, alors qu'il fut un des plus grands rois de France. Ce spectacle bon enfant dont la mise en lumière est de Jean-Claude Caillard et le son de Gérard Yon a le grand mérite de démontrer que le didactisme n'est pas aussi sévère qu'on voudrait le croire et qu'il sait montrer les bons côté de l'Histoire aussi bien que dénoncer les plus condamnables comme l'intolérance religieuse et ses dérives tragiques.

C'est un spectacle qu'on aurait pu voir, en d'autre temps, sur la place de grève ou à la foire de Saint-Germain. Il prend toute sa mesure sur les bords du Robec mais son approche mériterait de descendre dans la rue et pourquoi pas d'aller jusqu'aux établissements scolaires pour prouver que si l'Histoire n'est pas une fiction ou un jeu de rôles, elle est une réalité qui sans se renouveler vraiment dégage des leçons à entretenir mais aussi de grandes permanences dont il faut toujours se méfier.

 

« Henry, roi de coeur » - Théâtre de l'Echo du Robec, Samedi 20 mai - 20h30
Dimanche 21 mai – 16h30


Avec : Julie Allainmat, Dominique Bonafini, Hervé Boudin, Sophie Caritté , Erick Denis, Florence De Meulenaere, Patrick Desrues, Thomas Schetting et Francois-Xavier Vassard
 

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