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Théâtre en Normandie

Yvan Duruz fait passer un vent de fraîcheur sur le Siroco

25 Novembre 2016 , Rédigé par François Vicaire

Soyons juste : faire rire un auditoire de quelque 200 gamins qui viennent peut-être pour la première fois au théâtre et pour qui c'est une fête que de se plonger sans retenue dans un mode en rupture avec leur univers scolaire, n'est pas en soi une performance difficile à atteindre.

Avec un fond d'innocence qui reste enfoui dans le cœur de chaque comédien, la maîtrise d'un acte théâtral qui sait se mettre au niveau d'un public tout neuf et en utilisant les ressources d'un comique de situation bien mené, le tour est joué.

Par contre savoir instaurer sur une salle chauffée à blanc de grands moments de calme, capter l'attention par des mots et juguler de jeunes attentions est une autre histoire.

Yvan Duruz y parvient sans problème mais non sans imagination.

C'était cette semaine à Saint-Romain-de-Colbosc chez Bruno Régnier au « Siroco » qui est certainement un des meilleurs exemples qu'on puisse trouver d'équipement d'animations culturelles dans une agglomération de moyenne importance.

Les « Voyageurs imaginaires » y avaient posé leurs valises et déployé tous les charmes de leurs accessoires hétéroclites et chatoyants pour construire un monde dans lequel la réalité et le rêve se côtoient, se bousculent parfois sans jamais se contrarier.

L'histoire est linéaire : dans une petite compagnie théâtrale menée tambour battant par un père passionné et fantasque, le fils se rebelle et décide de partir. Non par lassitude mais par amour et c'est une bonne raison pour qu'au bout du compte l'affrontement familial trouve un dénouement sympathique.

Tout commence sur le ton de la farce. On saute, on cabriole, on multiple les effets qui font mouche et la salle en redemande dans de grands éclats de rires communicatifs. Et puis, l'ambiance progressivement s'apaise avec le déroulement d'une histoire dont se dégage une morale dans laquelle un jeune public peut trouver ses propres applications: la complexité du sentiment amoureux, le besoin d'indépendance face à l'autorité parentale, la prise de responsabilité devant les décisions à prendre etc ….

Jouer le théâtre dans le théâtre est la bonne manière de faire entrer de jeunes esprits dans la magie d'un conte. C'est, en l'occurrence, celui de « La belle et la bête » que les comédiens et les spectateurs vivent jusqu'à ce que la réalité viennent les sortir de ce rêve éveillé que peut être le théâtre.

C'est une bonne initiation et une excellente approche au monde de l'imaginaire en passant par des notions toutes simples et très parlantes. Avec des moyens qui soumettent Yvan Duruz, Boris Zordan et Marie Rubert à un rythme très soutenu, la mise en scène de Sabine Zordan est vive, intelligente, sans pathos mais aussi sans excessive simplification. Dans la matinée les enfants sont venus en masse... le soir et le lendemain, leurs parents sont venus à leur tour se ressourcer à ce bon spectacle, vivifiant et joyeux qui a fait passer sur le « Siroco » un grand vent de fraîcheur.

 

Photo Elisabeth Delestre

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