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Théâtre en Normandie

L'effet boomerang de la « 56° compagnie »

30 Novembre 2016 , Rédigé par François Vicaire

Il y a des retours en arrière qui sont de grands pas en avant.

La preuve en est la reprise de « L'effet fin de siècle » par la « 56° compagnie » (du nombre de compagnies que comptait alors la région rouennaise et qui ne semble pas avoir été depuis égalé).

Ce spectacle mis en scène en 1998 par Serge Gaborieau et Jean-Marc Talbot était une satire acidulée de mœurs qui à l'époque régissaient le monde du travail et qui, si on y regarde bien, n'ont pas vraiment changé.
Sur un mode bi-frontal extrêmement attractif, sept comédiens se livraient à un travail d'improvisation à partir de textes qui étaient de leur cru mais que Frédérique Grandpierre-Vitali avait réécrits pour leur donner une nouvelle théâtralité.

 

 

L'ensemble résumait sur un ton incisif et joyeux les travers d'un univers qui englobait tous les cas de figure, qu'ils soient administratif, commerçant ou autre, qu'on rencontrait, et qu'on rencontre toujours, dans les rapports parfois conflictuels qui s'établissent entre les employeurs et leurs salariés.

Il se trouve que Gilles Cauchy, directeur du Théâtre des Charmes à Eu avait beaucoup aimé « l'effet fin de siècle ». Il n'était pas le seul et le spectacle a tourné dans toute la région avec un succès qui ne se démentit nulle part. L'idée le tenaillait de le remonter un jour et les circonstances ont fait que les hasards associés du calendrier et des finances du théâtre lui ont permis de regrouper l'équipe de la création pour présenter à nouveau cet « effet » à long terme.

Encore fallait-il retrouver les bonnes conditions qui avaient fait sa réussite et en premier les comédiens. Chacun d'eux était parti vivre ailleurs sa vie théâtrale et l'idée aurait pu ne pas se réaliser exactement dans les conditions de distribution qu'elle avait connues. Mais la chance fera que ce regroupement, reconstitué à pratiquement 15 ans de distance, se reforme sans problème. C'est ainsi que sous la houlette commune de Gaborieau et de Talbot, Marie-Hélène Garnier, Thomas Germaine, Jane Fabulet, Bénédicte Lescène, Françoise Leplesnier, Gwenn Buhot et Sylvain Josse se sont retrouvés pour une résidence au Théâtre des Charmes dans la perspective d'une unique représentation qui y fut donnée tout dernièrement.

L'aventure n'a pas pris une ride. Les interprètes ont gardé la fraîcheur d'esprit (et de teint) d'il y a quinze ans et ont repris tout naturellement leurs marques comme s'ils avaient joué le spectacle la veille. Si bien que Serge Gaborieau est en train de prospecter les salles de la région pour l'y présenter de nouveau.

Entre temps la « 56° compagnie » reprend la route. Installée à Paris depuis une dizaine d'années, elle continue de travailler à la défense des bons textes dont ceux que Gaborieau lui-même a écrit au cours d'une résidence à la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon.

Parmi les projets il y a notamment celui de "Passion simple" d'Annie Ernaux avec Françoise Leplesnier et la musicienne Ryz Désormais qui sera présenté au Théâtre Paris-Villette du 12 au 16 décembre. Dans le même temps Serge Gaborieau peaufine un projet autour de « Yonisos le furieux » de Laurence Gaudé avec Malik Faraoun.

Pour l'heure, il s'est installé aux Bains-Douches d'Elbeuf dans le cadre des « Sorties de bain » mises en place par Jean-Paul Viot et Rosemary Fournier et répète « Jeune homme cherche un fusil » de Aude Sabin dans une mise en scène de Ariane Heuzé.

Ainsi la «56 ° compagnie » reprend-elle du service en Normandie.

En définitive, son « Effet de siècle » se transforme en un salutaire « effet boomerang ».

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