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Théâtre en Normandie

Claude Brendel au Conservatoire : trouver les bonnes vibrations

22 Novembre 2016 , Rédigé par François Vicaire

Ils sont pratiquement arrivés ensemble avenue Porte-des-Champs. La première en qualité de directrice, le second comme directeur-adjoint. Claire Paris-Messler et Claude Brendel se sont retrouvés dans les mêmes murs d'une manière quasiment concomittante. Leur arrivée en 2005 au Conservatoire National de Région a boosté l'ambiance d'une maison qui s'était quelque peu assoupie

 

 

 

Avec une belle complémentarité, ils lui impulseront une nouvelle dynamique à travers une irrigation constante et élargie dépassant les frontières naturelles d'un conservatoire à rayonnement régional en accentuant une politique de partenariats.

Et, cette volonté d'aller plus avant dans les champs d'exploration s'ouvre à de nouvelles perspectives puisque Claire Paris-Messler a pris la direction du conservatoire de Caen et que Claude Brendel lui a succédé à la tête d'une maison qu'il connaît bien en tant que musicien, pédagogue et chef.

Cette double nomination en forme de chaise musicale est en quelque sorte une manière de mettre sur les rails cette « grande Normandie » de la culture telle qu'elle doit maintenant se développer. Et il y a de fortes chances qu'avec deux personnalités qui se connaissent bien et fonctionnent selon les mêmes critères de développement artistique les passerelles entre Caen et Rouen aillent en s'intensifiant.

Pour Claude Brendel, la direction du Conservatoire de Rouen est une étape importante dans une carrière déjà bien fournie. Son parcours est d'une richesse qui va de la direction artistique de formations de jeunes musiciens à une importante activité de chef qui l'a conduit et le conduit encore sous des ciels orchestraux très divers comme l'orchestre symphonique national du Viet-Nam, au Festival international d'orchestres de jeunes de Florence mais aussi à Brasilia, à Budapest, en Autriche, en Espagne ou en Chine à l'Université de Canton où il continue de diriger régulièrement.
Son arrivée à Rouen lui aura donné l'occasion de mettre en application une somme d'expériences acquises tout au long d'un parcours d'une grande richesse musicale. On lui doit, entre autres, la création d' une formation de chambre pour instruments anciens mais aussi d'un ensemble instrumental lui permettant de mettre en valeur un répertoire lyrique auquel il est extrêmement sensible et qu'il a découvert à ses débuts auprès du chef Jean-Claude Hartemann (qui était alors préfet de la musique à l'Opéra-Comique) qu'il considère comme son mentor et auquel il fait constamment référence.

 

Une ruche aux talents prometteurs

 

Homme de musique Claude Brendel se trouve être maintenant homme de pouvoir dans le sens le plus administratif du terme. En effet, le conservatoire est une véritable entreprise qui compte plus de 1300 élèves (1000 musiciens, 200 danseurs et 310 comédiens) dont les formations sont assurées par 94 enseignants. Autant dire que la maison est une ruche au sein de laquelle peuvent s'épanouir les talents prometteurs qui constituent l'épine dorsale du développement culturel d'une région et qu'il convient de gérer au plus près.

Pour Claude Brendel le problème est d'entretenir avec les composantes locales et régionales des rapports extrêmement étroits. Et en premier lieu avec la ville de Rouen qui est le partenaire naturel du Conservatoire puisque qu'elle assure plus de 80% de son fonctionnement, le reste se répartissant dans des proportions moindres entre l'Etat, le Département, et la Métropole et au bout du compte les recettes propres à la maison.

D'où la nécessité d'établir des partenariats qui concrétisent des ambitions communes. C'est ainsi que depuis 2008, « Les Méridiennes » s'inscrivent dans un cycle de concerts et d'animations purement rouennais dans lequel le conservatoire est associé directement ce qui ne l'empêche pas, dans le même temps d'assurer une saison qui lui est propre.

C'est la bonne manière pour faire sortir la maison du cycle de l'enseignement pour la faire entrer par la grande porte dans celui de l'expérience en directe avec le public. C 'est aussi pour Claude Brendel la bonne manière de mettre en valeur les ressources que possède la maison en offrant aux enseignants l'opportunité d'affirmer leur fonction d'artistes à part entière à côté de celle de pédagogue.
Pour ce faire il a mis sur pied une série de rencontres se déclinant sur trois thématiques dans lesquelles maîtres et élèves se trouvent associés pour des rendez-vous qui englobent toutes les disciplines du Conservatoire. Il y a eu un grand rendez-vous avec Erik Satie, puis du 9 au 14 janvier ce sera l'occasion de faire un tour de table en goûtant aux subtilités de la poire belle Hélène ou de la pêche Melba en passant par la truite de Schubert et la poule faisane de Rostand jusqu'aux musique de table du XVIII° siècle qui déroulera ses fastes culinaires et musicaux au lycée hôtelier de Canteleu.

Enfin le troisième rendez-vous entraînera les publics dans les dédales mystérieuses d'une itinérance dont le parcours se construira autour du Japon, de la Chine, des pays de l'Est, de l'Arménie et même de cette contrée un peu mystérieuse et mal connue appelée l'iodiophonie qui veut que chaque corps solide émette des ondes qui composent sa propre musique.

C'est presque la définition qu'on peut donner de la maison où chaque expression artistique qui s'y retrouve émet une petite musique personnelle qui, au bout du compte, constitue un grand concert dont l'harmonie est constamment renouvelable.

 

Le détail de la programmation sur : www.conservatoirederouen.fr

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