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Théâtre en Normandie

Chez « Petit à Petit », Rodrigue et Cyrano sortent en bande

25 Octobre 2016 , Rédigé par François Vicaire

Ils pourraient très bien être cousins éloignés !

Cyrano et Rodrigue ont en commun le goût du panache, l'impétuosité qui rend invincible et cette difficulté d'aimer qui fait des mythes des êtres de chair qui sortent grandis plus encore de leurs amours difficiles que des combats qu'ils livrent pour les gagner.
Pour être franc, on peut admettre que c'est pousser un peu loin la comparaison en mettant sur un même pied (de vers, évidemment) Corneille et Rostand. C'est pourtant d'une certaine manière ce qu'a fait Olivier Petit en les associant dans une collection tout à fait originale, innovante et pourtant d'une fidèlité scrupuleuse aux textes.

Caser des histoires aussi vastes dans le cadre quelque peu réducteur d'une bande dessinée relevait de la gageure. Les Editions «  Petit à Petit » se sont lancées dans une aventure qui avait une double vocation : celle d'abord de mettre en image ces deux épopées et de les ramener aux limites d'un story-board et de l'autre de travailler sur des textes difficiles sans en retrancher une virgule, ni une rime en gardant à travers les images le rythme d'une versification difficile à maintenir dans le respect de leurs qualités respectives.
Bien évidemment, Corneille dans le découpage qu'en a fait Olivier Petit, y reste impérial et le graphisme de Jean-Louis Mennetrier et Christophe Billard confère aux personnages une illustration altière. Il suit à la lettre le noble déroulement de la tragédie qui devient ainsi beaucoup plus lisible pour le jeune public auquel cette collection s'adresse en priorité.

Quant à Cyrano, Fanch Juteau lui donne ce côté chat écorché vif dont le feutre en bataille et la moustache vengeresse font penser au baron de Sigognac de Paul Féval. Là encore, l'histoire avance sans faire de faux-pas, sans rien omettre des passerelles quelque peu hasardeuses qui ont permis à Rostand de jouer avec les mots et de maintenir les alexandrins dans un lyrisme qui, comme à la fin de l'envoi, doit faire mouche.

Noblesse normande oblige, Philippe Torreton a écrit la préface consacrée à ce personnage qu'il a si admirablement campé au théâtre et de tirer, au passage, quelques leçons d'indépendance à l'intention de ceux qui vont découvrir chez Cyrano cette liberté d'esprit qui est le moteur naturel d'un héros de cape et d'épée.

« Heureux veinards » adresse Torreton en guise de conclusion aux jeunes lecteurs qui vont grâce à ces livres intelligents, pénétrer dans des univers épiques qui sont mis ainsi à leur portée.

Cela dit, c'est une chance que peuvent saisir, aussi, les « âmes bien nées » de toutes les générations.

Notre illustration : ""Le Cid" par Jean-Louis Ménétrier et Christophe Billard

 

 

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