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Théâtre en Normandie

Opera de Rouen : un nouveau directeur en 2017 ?

23 Septembre 2016 , Rédigé par François Vicaire

Le contrat de Frédéric Roels à la tête de l'opéra de Normandie arrivera bientôt à son terme. Même si ce n'est pas pour l'immédiat, il n'est pas prématuré d'en parler. Une saison, en effet, ne se fait pas en un an. Il y a le temps de la maturation puis celui de conception et enfin celui de son application. Autant d'étapes à franchir qui demandent qu'on prenne le temps d'y réfléchir dès maintenant.

Après huit ans de direction, l'échéance pour Frederic Roel s'annonce pour la fin de 2017. Autant dire que sa succession, même si elle n'est pas encore officiellement ouverte, va agiter le monde de l'opéra.

C'est une péripétie normale dans la carrière d'un directeur qui doit au bout de son parcours dans une maison s'employer à chercher d'autres cieux qui voudront bien l'accueillir ou bien se lancer de nouveau dans une compétition sans avoir la garantie de se voir reconduit à sa propre succession.... ce qui est, il faut bien le dire, plutôt rare de nos jours.

Catherine Morin-Desailly, présidente de l'Etablissement Public de Coopération Culturelle qui gère l'Opéra va devoir s'attaquer à la tache urgente et difficile de trouver l'oiseau rare que tout le monde attend. Il lui appartiendra de lancer l'appel d'offres indispensable dans ce genre d'opération même si parfois les jeux sont déjà faits en sous main ce qui ne semble pas, en l'occurence, être le cas.

Il lui faudra ensuite, et ce ne sera pas le plus simple de sa mission, faire des coupes définitives dans la somme des candidatures qui vont s'amonceller sur son bureau et décider du « ritght man at the right place » qui devra mener sur les routes de la notoriété une maison qui depuis qu'elle existe (on la connaissait déjà sous la Révolution sous le nom de « Théâtre de la Montagne »!) a connu les heurs et les malheurs d'une institution qui tient dans la mythologie rouennaise une place primordiale.

L'Opéra de Normandie représente une centaine d'emplois auxquels il faut adjoindre des intermittents, techniciens et artistes, qui doublent quasiment son effectif réel.

Son budget est de 12 millions et demi d'euros qui sont essentiellement portés sur les épaules financières de la Région.

Parmi les bailleurs de fonds principaux, il y a la ville de Rouen qui s'y inscrit pour un million d'euros, le ministère de la Culture pour la même somme et la Métropole pour 350.000. A cela il faut ajouter la vente de spectacles et les co-productions pour quelque 200.000 euros et au bas mot 250.000 euros provenant du mécenat. Avec une billetterie qui avoisine les 1.5000.000 d'euros on est donc loin du compte et c'est à la Région de boucler le budget.

Il s'agit donc pour elle de ne pas de se tromper.

Mais peut-on définir vraiment le profil du nouveau patron de l'Opéra ?

On le veut, en priorité – et c'est le moins qu'on puisse lui demander – fin connaissur de l'art lyrique et qu'il ait les capacités artistiques et humaines de redonner à la maison sa vocation de création lyrique qui a, il faut bien le dire, quelque peu perdu de sa pertinence. Actuellement l'opéra, en tant que tel, ne tient pas une place essentielle dans la programmation et c'est au bénéfice - ou au détriment, dirons certains - d'un « essaimage musical » très éclaté.

Avec les nouvelles fonctions de l'auditorium Corneille et les perspectives, esquissées par Catherine Morin-Desailly, de voir un jour Sainte-Croix de Pelletiers recevoir la musique de chambre, le plateau des « Arts » devrait redevenir totalement disponible pour ce quoi il est fait : l'opéra.

A cela, on doit attendre que son directeur posséde à fond les complexités budgétaires d'une maison qui fonctionne comme une entreprise. En même temps, on attend de lui qu'il ait le goût de l'innovation, voire de l'audace, en faisant s'accomoder harmonieusement les œuvres du répertoire et les créations. Car pour garder aux premières leur crédibilité, il faut contrebalancer un académisme que les relectures ne font bien souvent que dénaturer, par un travail de création musicale et esthétique qui soit pensé, réalisé et susceptible de jeter sur la maison un coup de projecteur national.

En quelque sorte mettre l'opéra à l'aune de son temps tout en préservant les capacités de rêve qui font son charme.

De quoi faire mentir Figaro quand il disait : « Il fallait un calculateur, c'est un danseur qui l'obtint ».

En l'occurence pour ce qui intéresse l'opéra... l'idéal est de trouver les deux en une seule fonction !

Bon courage Catherine !

(à suivre : de Cabourg à Ethuin, les années fastes)

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Eterio Sinfonico 06/10/2016 16:38

Etes-vous sur de pouvoir attirer à Rouen, voir , choisir, parmi les représentants de cette espèce rarissime et hautement recherchée par toutes les grandes scènes du monde, qui est un gestionnaire diplômé d'une grande école, doublé des compétences dûment attestées et reconnus en musicologie, dotée d'une personnalité attachante... bref, faire venir sous notre ciel normand un double de Gérard Mortier (en évitant en plus qu'il reparte aussitôt, en opposé à GM à New York)...
Illusions, illusions, que c'est doux de se laisser bercer par vous, et pas seulement en assistant à un beau "Cosi fan Tutte" de Mozart...
Je crois bien, pour ma part, que Figaro n'avait pas menti...
Merci pour les petits papiers, très plaisants à lire, les photos et l'histoire de notre vénérable institution que vous évoquez sur ce blogue.

Eterio Sinfonico 06/10/2016 11:38

« le fait d'être élu conseiller municipal ne rend pas ipso facto un homme capable de discuter toutes les questions se rattachant à la marche d'un répertoire lyrique ». Henri Geispitz
Idem pour les gestionnaires d'entreprises?
;-)

François Vicaire 06/10/2016 12:11

ne mélangeons pas les choses .... je ne dis pas qu'il n'y a pas des gestionnaires d'entreprises qui ne sont pas mélomanes mais d'être SEULEMENT un gestionnaire, pour aussi compétent qu'il soit, n'est pas en soi une qualité suffisante. Je pense ue vous connaissez bien le milieu.... il fonctionne différemment et les approches sont souvent différentes , voire, contradictoires. Ce qui semblera inutile en dépenses pour un gestionnaire trop stricte devient essentiel pour un artistique qui vit dans un monde un peu à part. C'est une question d'approche. Mais si vous vous sentez la fibre assez sensible pour concilier les deux peut-être pourriez vous vous présenter
cela dit, merci de l'attention que vous portez à es papiers. J'espère que nous pourrons un jour endicuter de vive voix. Bien à vous. François

junement andre 29/09/2016 11:23

l'activité lyrique en province est en train de s'effondrer (à part lyon ,strasbourg,ma

François Vicaire 19/10/2016 19:12

"hornorable" correspondant au l ieu de déverser votre acrimonie sur mes papiers (ce dont je me fous) évite de les lire ça nous fera gagner du temps car tes élucubrations pseudo politique sont à côté de la plaque me surprenne mais peut-être que tes fréquentations snobinardo-rouennaises n'y sont pas étrangères. Cela dit moi je fais des choses m^me i elles ne te plaisent pas mais jr ls fais et je les revendique c'est mieux que de solliloquer dans le vide comme un vieillard qui mélange et crois avoir des choses à dire alors qu'il manie du vent... mais le vent emporte les conneries, c'est bien connu
cela dit, garde tes commentaires pour tes côteries admiratives

lenormand 19/10/2016 18:25

oui, c'est cela un article bien politique dans le sens du poil. Le baroque n'est pas à la mode mais plutôt une réalité incontournable sans laquelle la musique, concerts opéras ne pourront durer. Les concerts et opéras traditionnels conçus et organisés pour la bourgeoisie traditionnelle bien pensante,bien habillée et friquée disparaîtront en même temps que leur public âgé. Écoutez plutôt Laurent Bayle directeur de la philharmonie qui tient lui un autre raisonnement à l'opposé du vôtre.Un opéra uniquement opéra est tout simplement une hérésie totale suicidaire.

lenormand 17/10/2016 16:12

C'est avec ce genre de raisonnements que l'on détruit totalement la culture en France. Continuons de "faire" de l'opéra comme du temps de vieux papa avec les Mozart de Paul Ethuin absolument calamiteux et l'opéra n'existera bientôt plus. Quelle est la moyenne d'âge du public de l'opéra? Pensons plutôt à constituer de nouvelles et fraîches recrues au niveau du public largement vieillissant au théâtre des arts . ( heureusement la politique menée actuellement en faveur des scolaires est source d'espoir) La haine apparente de rares spectateurs contre le baroque est symptomatique d'une poignée de mélomanes rétrogrades et récalcitrants ne parvenant pas à évoluer . Remettons à l'ordre du jour l'opéra des temps anciens et il faudra alors fermer le théâtre des arts de Rouen. La culture, c'est pour tous et non pas pour une seule élite ( qui se croit être une élite!).
Le théâtre des arts de Rouen- qui n'est pas et ne doit pas être un opéra uniquement doit continuer à offrir comme actuellement une programmation éclectique à des prix acceptables pour tout le monde.