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Théâtre en Normandie

Les trois entraînements d'Alexis Pelletier : les mots, le sens et la lumière

17 Juin 2016 , Rédigé par François Vicaire

Les trois entraînements d'Alexis Pelletier : les mots, le sens et la lumière

On n'entre pas en poésie, on y tombe et c'est ce qui est arrivé, tout jeune, à Alexis Pelletier.

A vrai dire c'est Théophile Gautier qui a été le responsable de cette chute providentielle. Dans la mouvance égyptologue de son époque, le futur père du « Capitaine Fracasse » avait écrit une « complainte de l'obélisque de Louxor ». Sa lecture fit une impression telle sur le jeune Alexis que dans la foulée il composa une « complainte de l'obélisque de Paris » ! Ainsi va des origines des choses et de leur vocation ….

En réalité, il y avait chez lui une prédisposition qui le poussait à chercher, derrière les mots et à travers les sons qu'ils émettent, des significations dont il explore toujours les mystères.

C'est pour lui une manière d'entretenir une inspiration qu'il ne le laisse jamais en repos. Très régulièrement, il concocte des livres-poèmes qui sont à chaque fois les manifestes d'une pensée originelle et originale. Le dernier en date, « Trois entraînements à la lumière », vient de paraître chez « Tarabuste » qui est son éditeur attitré. On y retrouve cette petite musique, parfois alexandrine, qui peut être une ode ou une mélopée et surtout une interrogation qui tourne autour de cette pensée interrogative dont les réponses, comme la lumière, reflètent les « impression d'étrangeté » du langage.

La poésie, c'est une manière de voir le monde, de le sentir, de le mesurer à l'aune de son imaginaire, de créer en quelque sorte un univers qui baigne dans une mouvance permanente qu'Alexis Pelletier va cueillir, au hasard de ses lectures.

« Mon imaginaire vient des mots. Je fais des plongées régulières dans les dictionnaire, dans les livres pour des provisions de mots, sur des perspectives et des panoramas qui s'ouvrent sur des horizons sans limite. Au départ la démarche est très concrète, mais l'intellect prend le dessus et reste toujours au service du sens... c'est lui qui est souverain ».

Et il écrit. Il écrit. Cela peut aller des poèmes aux chansons, mais aussi à des CD, des pièces de théâtre, des livrets d'opéra. Furieusement, amoureusement il alimente son besoin de ressentis et aiguise son exigence à rester toujours « au plus près du supportable pour les autres ». L'évasion et l'accessibilité sont pour lui des éléments complémentaires. Son état de professeur de Lettres qu'il exerce en lycée est ce qu'il appelle un « avantage vivant » mais qui demande de l'attention pour ne pas devenir prisonnier des mots et des références.

« La poésie affranchit de la rigueur de l'enseignement... Mes élèves ne savent pas obligatoirement que j'écris, mais inconsciemment ils le sentent...» .

On en revient toujours à cette subtilité de faire passer des images et des mots par les « impulsions diverses du sens ».

Et ce sont ces impulsions qui lui permettent de travailler avec des musiciens comme Dominique Lemaître, des danseurs, des plasticiens comme Vincent Rougier ou Philipope Garel et d'élargir le spectre des silences qui meublent parfois les difficultés de l'écriture.

« Ce n'est pas toujours facile de travailler …. dans « la grande foire de la mémoire » il y a des mots qui se refusent, des images qui résistent ».

Heureusement, il travaille toujours deux ou trois textes en même temps. Quand il y en a un qui ne « marche » pas dans l'instant, il passe à une autre :

« Si une oeuvre est la célébration d'une autre, c'est qu'avec la première nommée, on peut aller vers celle de départ.».

Une sorte de renouvellement permanent mais qui a aussi ses risques jusqu'à l'angoisse de se pasticher

Il n'a rien à craindre, il est inimitable !

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