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Théâtre en Normandie

Les animaux extraordinaires d'Eric Peltier

20 Juin 2016 , Rédigé par François Vicaire

Les animaux extraordinaires d'Eric Peltier

Robert Desnos n'y avait pas pensé !

Une girafe déambulant dans les couloirs d'une piscine, un éléphant se glissant entre deux portes d'un vestiaire, des flamands roses prenant le frais au bord d'un bassin olympique …. ça n'existe pas !

Et pourtant si !

Par la magie associée de la photographie et de la vidéo, Eric Peltier a réussi ce tour de force, éminemment poétique, de peupler la belle piscine des Bains des Docks du Havre que l'on doit à Jean Nouvel, d'une cohorte d'animaux exotiques qui dans un endroit où en principe ils n'auraient rien à faire prennent une allure extraordinairement décalée et pourtant si proche de la réalité qu'on pourrait s'y laisser prendre.

L'idée, improbable comme seule les rêveurs peuvent en avoir, est née d'une association autour d'un lieu : celui de la piscine du Havre et d'une minuscule figurine représentant un ours blanc !

Autour de cette rencontre, Peltier à qui l'on doit, entre autre, la belle affiche d'ouverture de la chapelle du Lycée Corneille, a construit une réflexion associant la vulnérabilité des espèces en voie de disparition aux beautés intemporelles d'une architecture qui joue remarquablement avec la fluidité de l'espace.

« J'ai commencé par photographier la structure de jour et de nuit pour saisir les plus beaux éclairages créés par la lumière naturelle ou artificielle. Très vite, le lieu a fait naître des émotions que j'ai essayé de retranscrire....

C'est ainsi que la piscine s'est animée d'un monde en miniature que le photographe est allé traquer dans les magasins d'enfants où il a fait provision de singes, de grenouilles, de koalas, de pingouins et de divers félins qu'il a intégrés dans un décor naturel qu'il a souvent retravaillé au niveau des lumières. Le résultat est étonnant. L'exposition a été admirée à l'Hôtel de Région, à la galerie « King Kong » à Bordeaux et va entreprendre une grande tournée dans les galeries essentiellement d'architectes et d'art contemporain.

Mais si son travail est essentiellement un acte esthétique, le titre de la plaquette qui réunit les vingt-quatre photos de son exposition, « Fear of a Blue Planet » rejoint ses préoccupations – voire ses craintes – sur l'avenir de notre planète.

« J'ai volontairement inséré des animaux sous la forme de figurines pour alerter sur le danger d'une disparition imminente. J'ai souhaité par ce travail leur offrir un ultime refuge ».

L'année dernière, ses flamands roses ont remporté le prix « Monaco Telecom » et fait la couverture de l'annuaire officiel de la Principauté. Dans le même temps, une seconde œuvre a été sélectionnée pour être être exposée dans le futur « Museum of Living Art » de Paris et il a été sélectionné pour participer au très important « Book Machine » dans le cadre de « Paris Photo 2015 » au Grand-Palais.

Mais si d'une certaine manière à travers la technique il redonne une âme à des animaux inanimés et même si la technique est devenue un élément indissociable de son inspiration, Eric Peltier garde toujours en réserve cet « oeil » qui lui permet de débusquer les personnages au hasard de ses rencontres. C'est ainsi qu'il a croisé un jour, « James » dont les rouennais ont souvent eu l'occasion croiser la haute silhouette à la »Sergio Leone » et avec lequel il a réalisé des portraits saisissants d'intériorité et qui devraient faire l'objet d'une prochaine exposition.

Mais, pour l'instant son travail sur Le Havre lui prend son temps et ce n'est pas un hasard si la Porte Océane le séduit. Il est en effet l'arrière-petit-fils du compositeur André Caplet, né au Havre et qui a été un musicien-phare de son époque même si sa renommée fut quelque peu estompée par Ravel et Debussy qui furent de ses amis. Eric Peltier entretient d'une manière très vivace le souvenir de cet aïeul talentueux et trop longtemps oublié qui fut un des collaborateurs très proches de Debussy (on lui doit, entre autre, des réductions pour piano de « La mer » et du « Martyre de Saint-Sébastien »).

Il a été très heureux de constater qu'Oswald Sallaberger avait inscrit dans ses programmes de « La Maison illuminée » à l'Auditorium Corneille deux œuvres de Caplet.

D'ailleurs il a invité le chef d'orchestre dans son beau studio aux structures de cathédrale du boulevard de l'Yser pour réaliser quelques portraits.

Et comme il ne sait pas travailler sans musique, il y a fort à parier que la séance de poses s'accompagnera d'un bain musical …. de Caplet, évidemment.

- La Maison illuminée" : le climat sonore de la Normandie - Vendredi 24 juin à 20 heures

Chapelle du Lycée Corneille

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