Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Théâtre en Normandie

Le tiercé avignonais de "Verschu" : Cendrars, Rebotier et Feffer

23 Juin 2016 , Rédigé par François Vicaire

Le tiercé avignonais de "Verschu" : Cendrars, Rebotier et Feffer

C'est un des vieux routiers d'Avignon....

Une nouvelle fois Patrick Verschueren vient s'installer au pied des remparts aves des spectacles qui bien souvent font l'événement. De « Tombeau pour Boris Davidovich » à « Baal » en passant par « Dialogues d’exilé » ou le « Cabaret du diable », on peut compter une bonne douzaine de spectacles qu'il a joués ou mis en scène..

Alors qu'il est de bon ton, parfois, de trouver qu'Avignon est un fourre-tout dans lequel il n'est pas toujours facile de séparer le bon grain de l'ivraie (il suffit de chercher et de suivre la bonne piste et, après tout, c'est ce qui fait le charme du festival), Verschu avec un enthousiasme qui ne se dément pas continue de s'y produire. Cette année, pour faire bonne mesure, il y vient pour deux raisons qui sont des références puisqu'il emmène dans ses bagages Blaise Cendrars et Jacques Rebotier.

Ils seront présentés, en alternance, du 8 au 30 juillet au Centre Européen de poésie rue Figuière. Le premier est un « récital de poche » intitulé « Quand tu aimes il faut partir... » dans lequel Patrick Verschueren et Raphaëlle Weber s'envoient si l'on peut dire la balle, le second, avec Arno Feffer dans une mise en scène de Verschueren et une scénographie de Raphaëlle Weber est consacré à « Contre les bêtes », un texte de Jacques Rebotier.

Jacques Rebotier est tout à la fois écrivain, poète, compositeur, comédien, metteur en scène. Bref c'est l'homme-Protée du théâtre contemporain et on peut le considérer comme un créateur inclassable, ce qui n'est pas pour lui déplaire. Ses interpellations sont à la fois une critique des rapports humains, un point de vue sur l’état du monde et un travail sur la mécanique des mots à travers une écriture exigeante.

« Le propre de l’homme ? Être le seul qui détruise son nid, et avec entrain, et tout le reste avec».

Son texte « Contre les bêtes » montre comment éliminer de la surface de la terre tous les animaux qui s’avèrent inutiles et encombrants. Il interpelle toutes les espèces animales, des plus communes aux plus menacées, leur rappelant la supériorité de l’omme (sic), et résumant l’évolution des hespèces (re-sic) par la lente et inexorable transformation du ptérodactyle en crocodile et du crocodile en poulet (label rouge).

Derrière l'ironie on sent percer l’agacement d'un personnage face à la prétention de se vouloir au-dessus de toutes les contingences écologiques. Une fable d'une lucidité destructrice, à la fois drôle et mordante dont Arno Feffer interprète avec une acuité saisissante les obscurs vertiges de notre époque.

NB - A noter que le fim de "La Pie Rouge" consacré à l'écrivain Maurice Pons disparu dernièrement est présenté au cinéma "Utopia

Notre photo : Arno Feffer – Photo Serge Périchon

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article