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Théâtre en Normandie

Catherine Morin-Desailly : mettre en place le "marché commun" normand de la culture

25 Juin 2016 , Rédigé par François Vicaire

Catherine Morin-Desailly : mettre en place le "marché commun" normand de la culture

Avec le retour de la droite au Conseil Régional, les perspectives de la grande Normandie sont en train de prendre un contours plus précis, tout au moins au niveau de la culture d'autant plus qu'on y retrouve Catherine Morin-Desaily qui en est le symbole. Personnalité forte dans ses convictions mais ouverte sur la manière de les mener, celle qui fut adjointe à la culture de la ville de Rouen s'est imposée au monde culturel haut-normand par une consensualité et une connaissance profonde des problèmes qui, il faut le reconnaître, n'ont pas trouvé depuis d'équivalent tant au niveau de l'influence que de l'efficacité.

Les nouvelles compétences qui lui échoient lui offrent un rayon d'action singulièrement élargi, allant de la Culture à l'état pur, au Tourisme, au Territoire et d'une manière plus générale à tout ce qui touche à l'image de cette nouvelle Région en devenir.

De plus, présidente de la commission « culture, éducation et communication » au Sénat, Catherine Morin-Desailly occupe au Palais du Luxembourg une position de premier plan dont le champ de compétences englobe l'enseignement supérieur, la presse, la télévision, les nouveaux médias, la francophonie, le sport, la jeunesse et la vie associative. Un énorme domaine sur lequel vient se greffer maintenant cette grande Normandie qui pourrait à lui seule l'occuper à plein temps si le personnage n'était pas du genre à se laisser déborder par les événements.

Une démocratisation culturelle

« Je ne suis pas seule. J'ai à côté de moi Emmanuelle Dormoy, conseillère régionale du Calvados. Nous formons un binome qui nous permet d'englober les problèmes et les perspectives qui s'offrent à cette grande Normandie. D'ailleurs, chaque département garde une grande autonomie et se repartit les tâches en fonction des spécificités de chacun ce qui nous amène à travailler ensemble en portant sur l'ensemble un regard panoramique. Dans cette grande région qu'est désormais la Normandie nous mettons en place ce qu'on pourrait appeler un « marché commun normand » de la culture dans lequel les cinq départements apportent leurs offres. Un principe qui permet de développer un partenariat qu'il appartient aux présidents de chaque Conseil général d'harmoniser, d'équilibrer et d'une certaine manière de complémentariser en y associant les villes, les intercommunalités et toutes les composantes structurelle dont chacun, dispose. Bref, tout mettre en place pour une véritable démocratisation culturelle. »

Il est évident que les ressources des cinq départements normands représente un potentiel qui ne demande qu'à être coordonné et développé.

Jusque-là, on ne peut pas dire qu'il y ait eu une véritable osmose d'une frontière départementale à l'autre. La Grande Normandie devrait aplanir le paysage et trouver les moyens de dessiner une nouvelle carte.

« Notre travail est de faciliter les échanges et de les comparer afin que chaque département puisse déposer ce qu'il a de rare et d'unique et que cette confrontation se fasse au bénéfice de la Région » .

Et Rouen dans tout cela ?

Catherine Morin-Desailly a été trop longtemps en première ligne de la culture à Rouen pour ne pas avoir une idée sur ce qui fut dans ce domaine, ce qui aurait pu s'y faire et ce qui s'y fera, peut-être, dans l'avenir. Le poids de la région y tient, désormais, une place importante tout comme, d'ailleurs la métropole.... une situation qui met la ville en tenaille ce qui n'est pas une situation particulièrement confortable même si elle dispose de deux outils de première grandeur : l'Opéra de Normandie et l'auditorium de la Chapelle Corneille.

Présidente de l'Etablissement Public qui gère l'Opéra et Conseiller Régional à la Culture, elle a la haute main tout à la fois sur ces deux phares de la ville :

« La chapelle est un bel outil. C'est un lieu exceptionnel dont il faut éviter que par trop de propositions diverses et pas toujours complémentaires il ne se transforme en garage. La programmation ne doit pas être une simple juxtaposition artistique mais répondre à une ligne sur laquelle, et c'est le moins qu'elle puisse, faire, la musique et la voix aient la primauté . Il est nécessaire de lui trouver un directeur artistique qui ordonnance l'ensemble des intervenants afin de construire une véritable saison ».

Un propos qui peut tout autant s'adresser à l'Opéra de Rouen auquel Catherine Morin-Desailly veut redonner la priorité et un élargissement régional avec des « productions d'envergure » et lui rendre « la place qui lui revient naturellement sur la scène française et européenne ».

Une feuille de route qui sera dans les objectifs du nouveau (?) directeur puisque le contrat de Frédéric Roels arrivant bientôt à expiration, il y a de fortes chances pour qu'un nouvel appel à candidatures fixe l'avenir de la maison d'ici la fin de l'année.

En fait même si elle n'est plus dans le giron municipal elle n'en continue pas moins à observer avec une grande prudence et une parfaite élégance de ton ce qui se passe dans sa ville :

« Le théâtre Duchamp-Villon aurait pu être le nouveau centre dramatique national mais on l'a fermé... fermé aussi le Hangar 23 dont la philosophie et le public rejoignaient parfaitement ceux du studio 106... le jazz aurait dû trouver sa place à Sainte-Croix des Pelletiers... la Chapelle Saint-Louis devenir le lieu naturel d'accueil pour les compagnies de la région ». Et quand on lui demande si, quelque part, il n'y a pas chez elle la tentation de revenir, un jour, sur la scène politique rouennaise, elle élude le problème avec le sourire :

« J'ai beaucoup de choses à faire et elles sont passionnantes … et puis, il faut laisser la place aux jeunes »

Occupée (très) mais non affairée, tout entière consacrée à la chose publique sans pour autant sacrifier son énergie au détriment de son équilibre personnel, Catherine Morin-Desailly livre les clés de sa réussite :

« J'aime les gens, j'aime la culture, j'aime les êtres dans l'action ».

Photo : Jean Pouget

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