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Théâtre en Normandie

Thomas Schetting et Gul de Boa : une belle complémentarité d'intention

29 Mars 2016 , Rédigé par François Vicaire

Thomas Schetting et Gul de Boa : une belle complémentarité d'intention

Dans un capharnaüm maîtrisé, deux personnages hauts en couleur et, tout au moins pour l'un d'eux fort en gueule, évoluent au milieu des souvenirs de l'un et les réminiscences musicales de l'autre.

Thomas Schetting et Gul de Boa sont deux complices, deux natures qui se rejoignent et se complètent et qui, avec ce spectacle qui leur ressemble comme deux gorgées de bière, et qu'ils présentaient au « P'tit Ouest », donnent libre cours à une parole qui ne s'embarrasse pas de périphrases.

Tout fonctionne – et parfaitement bien – autour des textes de Thomas Schetting. En fait de textes, ce sont des aphorismes, des réflexions, des idées jetées sur une trame tissée à grands traits et qui déroulent leur cheminement parfois cahotique en suivant les idées fixes d'une nature éprise d'indépendance.

Mais il ne faut pas s'y tromper. Schetting ne parle pas à tort et à travers et s'il soliloque sur tout ce n'est jamais pour rien.

Derrière le propos volontiers iconoclaste qui lui permet d'enfoncer des portes qu'il laissent grandes ouvertes pour faire entrer le souffle d'une grande liberté de pensée, il suit une logique qui s'élabore autour de propos très intelligemment menés.

C'est un monologue souvent drôle, parfois émouvant, toujours juste et totalement sincère dans lequel le comédien se libère dans une suite de variations sur la vie et sur le monde. Et cette somme de réflexions pourrait donner l'impression de partir dans tous les sens si, au bout du compte, cette logique apparemment improbable ne se révélait pas soigneusement contrôlée.

Au milieu de souvenirs qui surgissent et qui sont catapultés comme des urgences, cette étonnante digression aborde tous les problèmes : l'amour, le monde, les femmes, la politique, la solitude, la tendresse.

Schetting est un poète. Il chante, il crie, il exulte. Il éructe parfois et on sent bien chez lui cette nécessité de dire les choses avant qu'elles ne s'enfuient. C'est un bel exercice d'introspection et un excellent travail de comédien.

En contre-point – on devrait dire en contre-chant – il y a Gul de Boa.

Sa participation physique et musicale ponctue, souligne et apporte au texte une couleur qu'il enrobe d'improvisations, elle aussi contrôlées. Un petit regret vient qu'il n'interprète qu'une seule chanson mais le texte est priordial et la musique le suit et le commente. Avec Thomas Schhetting, elle forme un tout qui se complète parfaitement. Il y a entre ces deux compères une entente, une complicité d'intentions permanente qui fait que ce spectacle qui s'appelle « Du coq à lames » pourrait grâce à cette parfaite complémentarité dans l'échange devenir « Du troc à l'âme ».

Photo de Guillaume Painchault

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