Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Théâtre en Normandie

La classe d'art dramatique de Maurice Attias : l'exigence et la curiosité

3 Mars 2016 , Rédigé par François Vicaire

La classe d'art dramatique de Maurice Attias : l'exigence et la curiosité

Quand il présente les travaux d'élèves de sa classe d'art dramatique du conservatoire de Rouen, Maurice Attias n'y va pas avec le dos de la cuillère.

En plus de trois heures de temps, il a présenté à la Chapelle Saint-Louis un éventail de talents, de personnalités, de natures qui si elles ne sont pas encore toutes parfaitement en place ou aptes à entrer encore dans le métier, montrent déjà des capacités dramatiques et d'enthousiasme qui sont à mettre au profit d'un enseignement diversifié ouvrant à ceux qui en bénéficie des perspectives qu'ils devront ensuite appliquer dans leur vie professionnelle.

Car en réalité c'est bien de cela qu'il s'agit. Au-delà des moyens de se façonner l'esprit, c'est tout à la fois la vie et le théâtre que Maurice Attias leur apporte avec une véritable formation artistique et humaine qui leur servira, qu'ils se professionnalisent ou pas.

Les deux règles qui sont appliquées chez Attias, on le sait, c'est l'exigence et la curiosité. On en a chaque année la démonstration dans l'étape cruciale des passages d'un niveau à l'autre. Autant dire que le « maître » donne du grain à moudre à ses éléves pour les obliger à se « sortir les tripes ».

Ces spectacles, car ce sont véritablement des spectacles à part entière, sont très élaborés, très sollicitants et se sont construits, cette année, autour de deux pièces, l'une de Dea Loher, l'autre de Marius von Mayenburg, qui ont toutes deux la particularité de mettre en évidence des personnages « hauts en douleurs » . Elles offrent aux jeunes comédiens la possibilité d'exploiter des ressources de composition dont ils endossent à tour de rôle les particularismes, les faiblesses et les moments de fureur …. autant dire toute la palette dramatique dont ils auront besoin plus tard.

Une direction précise, intelligente de Maurice Attias, une mise en lumière et en musique réalisés par les jeunes eux-mêmes, un timing qui ne faiblit pas durant les trois bonnes heures que dure le spectacle – et il passe vite – en un mot un professionnalisme déjà sérieusement acquis et qui rend les choses particulièrement ardues pour le jury appelé à donner son avis et arrêter son verdict. Comme ce n'est pas notre cas, on se gardera bien de faire des pronostics mais on peut distinguer quelques éléments, certain que l'on est de les retrouver bientôt sur des planches qui ne seront plus les tremplins que sont les prestations qu'ils offrent déjà.

Cette soirée très dense, très riche se termina par un final chorégraphié sur la « Passion selon Saint Matthieu » de Bach.

Mesdemoiselles et Messieurs, vous pouvez entrez dans la danse. Vous êtes prêts !

Photo : Arnaud Bertereau

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article