Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Théâtre en Normandie

Avec l'Orchestre Régional de Normandie, pour mieux voir et entendre la peinture

17 Mars 2016 , Rédigé par François Vicaire

Avec l'Orchestre Régional de Normandie, pour mieux voir et entendre  la peinture

C'est une belle illustration de ce que peut devenir dans sa forme globale la grande Normandie culturelle.

L'initiative vient de Caen et de l'Orchestre Régional de Normandie avec lequel Guillaume Lamas s'emploie à multiplier les rencontres et les expériences.

Dans une optique génératrice de bonheurs multiples, il entretient et développe des projets artistiques valorisant le territoire et le patrimoine de la Normandie.

Des efforts sont déjà fait en ce sens et les passerelles sont jetées de part d'autre mais l'Orchestre Régional de Caen va, cette fois, beaucoup plus loin en associant la musique et la peinture en s'adressant plus particulièrement aux jeunes des cinq départements normands.

En prenant pour argument et comme source d'inspiration, une sélection de 7 tableaux choisis dans les collections permanentes des musées normands, l'ORN a demandé à trois musiciens, issus du conservatoire de Lyon, de construire, autour de cinq portraits, un univers musical au sein duquel les élèves des collèges et lycées vont plonger véritablement pour s'initier aux mystères de la création.

Les compositeurs Gilles Alonzo, Julien Bellanger et Thibault Cohade ont donc « planché » sur des œuvres accrochées aux musées de Bayeux, de Bernay, des Beaux-Arts de Caen, à la collection « Peindre en Normandie » de Caen, aux musées de Granville, du Havre et de Rouen.

Les sujets sont « Portraits à la campagne » de Gustave Caillebotte (Bayeux), « La lecture » de Louis Valtat (Bernay), « Portrait de Suzanne Desprès » d’Edouard Vuillard (Caen), « Portrait d’un pêcheur à Honfleur » d’Adolphe-Félix Cals (Caen), « Autoportrait » d’Emile Bernard (Granville), « Portrait de Nini Lopez » d’Auguste Renoir (Le Havre) et « Dans un café » de Gustave Caillebotte (Rouen).

L'opération se déroule dans les établissements scolaires, lycées et collèges où les œuvres seront projetés en même temps que leur interprétation est confiée aux musiciens de l'orchestre dirigés par Mélisse Brunet.

Le projet va permettre également – et c'est le but du jeu - aux élèves de se rendre dans les musées partenaires pour découvrir leurs collections.

Scènes de vie impressionniste

Déjà une quinzaine d’établissements se sont impliqués dans ce projet de territoire... Beaucoup sont en Basse-Normandie, quelques uns en Haute-Normandie (Vernon, Bernay, Brécey) dont un seul en Seine-Maritime (Yvetot ) ce qui est peu !

Dans un second temps, sur la période du printemps et de l’été 2016, des « concerts illustrés » seront proposés au grand public dans le cadre du Festival « Normandie Impressionniste ».

D'ailleurs, dans la très belle et très riche exposition que l'on peut voir actuellement au Musée des Beaux-Arts de Rouen, « Scènes de la vie impressionniste » , se trouve deux oeuvres concernées par le projet : ce sont le « Portrait de Nini Lopez » de Renoir (Musée Malraux du Havre) et « Dans un café » de Caillebotte (Musée de Rouen).

Pour les compositeurs le pari était fascinant à tenir. Ils se sont répartis, si l'on peut dire, les tâches, à savoir Gilles Alonzo : « Portrait à la campagne » (musée de Bayeux) ; « Portrait de Suzanne Desprès » (musée de Caen) ; « Dans un café » (musée de Rouen) ; Julien Bellanger : « Portrait de Nini Lopez » (musée de Rouen) ; « Autoportrait » (musée de Granville) et Thibault Cohade : « Portrait d’un pêcheur à Honfleur » (musée de Caen) ; « La lettre » (musée de Bernay).

Pour Julien Bellanger le portrait de « Nini Lopez » s'est traduit par une recherche qui lui permettait de donner « du corps » à son modèle : J'ai utilisé l'alto solo. En premier lieu pour caractériser la jeune fille, et en second lieu pour marquer le processus de peinture, car Renoir a peint ce portrait par dessus une ancienne toile de paysage. Je reproduis le même principe ici, l’alto solo venant se poser sur un paysage sonore assez coloré, à l’image de la large palette employée par le peintre. Nous sommes ici dans le monde de l’attente, lumineux et serein, où le temps s’est arrêté...

Quant à Gilles Alonzo, il a cherché dans « Dans un café » l'évocation d'un café parisien du début du 20ème siècle avec son ambiance faite d’élégance "à la française" mais également les grands éclats de voix que l'on peut retrouver dans ces cafés. J'imagine un Poulenc attablé, un Satie, un Debussy... Il me semblait également intéressant d'y traiter du sujet de l'alcool. Ainsi, le tempo est mal assuré, la pièce vacille à certains moments et se déroule de façon très libre à la manière d'une improvisation. Nous passons par tous les états d'âme, de l'amour à la colère, en passant par la tristesse, pour finir dans une explosion de joie. »

Notre photo : en projection, « Dans un café » de Caillebotte (>Musée des Beaux-Arts de Rouen)

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article