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Théâtre en Normandie

« Doulce mémoire » à la Chapelle Corneille : une « Eszultanza communicative

11 Février 2016 , Rédigé par François Vicaire

« Doulce mémoire » à la Chapelle Corneille  : une « Eszultanza communicative

C'est aux musiques de cour sous François 1er que l'ensemble « Doulce mémoire » a consacré un concert à la Chapelle Corneille il y a quelques jours sous la houlette de « l'Opéra de Normandie ». Un joli moment musical qui a permis de plonger dans les délices d'une monde qui sous l'impulsion d'un souverain éclairé s'ouvrit au raffinement et à la sensualité à l'image de celui qui en fut le grand dispensateur.

Cette Renaissance fut avant tout italienne. De ses expéditions transalpines – de la victoire de Marignan qu'immortalisa magnifiquement Clément Janequin au désastre de Pavi – François 1er reviendra imprégné d'une philosophie souriante, libérée des rudesses moyenageuses et s'épanouira dans une licence amoureuse et courtoise qui incitera les jeunes femmes entourant le roi à jeter allègrement leur vertugadin par dessus les moulins.

La musique sera un des principaux vecteurs de ce chambardement intellectuel et esthétique.

Dans le sillage de ce monarque humaniste qui demandera à Ronsard de lui lire ses vers, qui s'attachera le concours du Primatice et protégera Léonard de Vinci, la Renaissance favorisera l'éclosion d'un nouvel art de vivre et de regarder le monde et permettra, entre autres, aux artistes d'obtenir leur premier statut officiel.

C'est tout cela qu'évoque ce délicieux moment dont on imagine mal à Rouen dans quel autre cadre que celui de la Chapelle, il aurait pu s'épanouir d'une si parfaite manière.

De pavanes en allemandes, de romances en gaillardises, il restitue les grâces d'un univers musical très significatif, construit selon le principe dans lequel les danses et les chants alternent, se répondent, se complètent, se rendent indissociables et s'inspirent le plus souvent d'un répertoire traditionnel, coloré et vivifiant.

Avec une instrumentation passionnante qui à elle seule pourrait être un petit musée, « Doulce mémoire » joue avec l'humour, la simplicité et la grande musicalité d'un groupe de musiciens et un duo de chanteurs dont la clarté vocale et une manière d'ingénuité dans l'interprétation exaltent avec une grande légèreté d'expression la richesse d'un univers musical et humain qui déroule des grâces, tour à tour, tendres et allègres dans une très séduisante connivence.

Et c'est par cette « eszultanza » communicative que le public de la Chapelle s'est laissé emporter avec bonheur.

Photo Fabrice Maître

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