Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Théâtre en Normandie

La Chapelle Corneille : le Stradivarius des salles de concert

26 Janvier 2016 , Rédigé par François Vicaire

La Chapelle Corneille : le Stradivarius des salles de concert

Vincent Dumestre : un lieu idéal pour une famille d'artistes

Au cours des conférences de presse qu'ils ont données chacun à quelques jours de distance, ils se sont montrés tous les deux positivement éblouis par la qualité de la Chapelle du Lycée Corneille qui leur est offerte. Vincent Dumestre et Oswald Sallaberger n'ont pas assez d'éloges pour dire le bonheur qu'ils ont de prendre possession d'une maison qui correspond si bien à leur manière de vivre la musique .

Pour Vincent Dumestre c'est se plonger dans un bain d'histoire commencé en 1615 quand Marie de Médicis, vint poser à Rouen la première pierre de cet éblouissant manifeste de la Contre-Réforme. Pour lui le lieu est idéal et va lui permettre d'y installer une famille d'artistes et de créer une homogénéité culturelle faisant le lien entre le passé de l'édifice et surtout l'avenir que sa nouvelle vocation lui promet.

Le concert inaugural de la chapelle aura lieu le vendredi 5 février avec Monteverdi. Ce n'est pas le fruit du hasard. Il correspond à une filiation qui s'établit entre Mantou que le compositeur quitta à la suite du « sac » qui verra bon nombre de ses partitions disparaître et Venise où il deviendra véritablement le grand novateur musical de son temps en particulier dans le domaine de l'opéra. La « Selva Morale » interprétée par le « Poème » et « Accentus » est un recueil dans lequel Monteverdi a réuni un certains nombres de pièces dont des « canzon » et des madrigaux mais aussi de grandes pièces à caractère sacré dont certaines ne sont pas sans se référer aux sublimes « Vêpres de la Vierge Marie ».

Se composant en cinq saisons bien distinctes la programmation du « Poème Harmonique» aborde toutes les composantes qui font la richesse de l'art baroque et englobe les beautés contrastées d'un paysage unique présenté dans un cadre unique.

La Chapelle Corneille : le Stradivarius des salles de concert

Les passerelles enthousiastes d'Oswald Sallaberger

Quant à Oswald Sallaberger, il ne cache pas non plus son enthousiasme pour la Chapelle à laquelle il décerne le label de «Stradivarius des salles de concerts ». Il sait déjà de quoi il parle puisqu'on lui a demandé d 'expérimenter l'acoustique du lieu dans toutes les configurations que des formations de chambre peuvent en attendre. Le bilan est positif et Sallaberger se réjouit d'avance de tout ce que la salle va lui apporter comme possibilités de constacts entre les musiciens et le public.

Comme « Le Poème Harmonique », la « Maison illuminée » va se répartir en cinq grands chapîtres pour lesquels Sallaberger a construit des programmes un peu à la manière de ces concerts de salon dans lesquels, autrefois, étaient exécutées des œuvres non pas dans leur intégralité mais dans des extraits significatifs. Le chef austro-normand a même été plus loin dans le procédé en réalisant lui-même des réductions de certaines oeuvres comme celles de « Ma mère l'Oye» de Ravel, de Fauré et même de Mascagni.

En jouant la carte des passerelles, celles de la logique et celles du coeur, il n'a pas peur de glisser entre un Ligeti et un Bartok, un « petit Dupré » histoire de montrer que les musiciens normands, tiennent une place importante dans l'histoire de la musique. Ce qu'il démontrera d'ailleurs dans une grande séquence consacrée au climat sonore de la Normandie.

Ce patchwork musical reste néanmoins dans une logique qui devrait faire échapper la Chapelle du Lycée Corneille à un éclectisme de circonstance que l'assemblage de titulaires des lieux risquent fort d'engendrer.

En fait, la Chapelle est confiée d'une certaines manière à quatre entités : le baroque avec le « Poème » Harmonique et les « Territoires baroque » de Jean-Paul Combet, la musique symphonique et de chambre avec l'opéra de Normandie et « la Maison illuminée » et, enfin, ce qu'on pourrait appeler les musiques du monde et de notre temps avec Sébastien Laab et feu le Hangar 23 et les « Musicales de Normandie » de Nicolas Simon.

Un quadrige qui pour l'instant n'a aucun conducteur et dont chacun des éléments peut se targuer, même sans se l'avouer, d'être le cheval de tête.

Pourtant, passé les bonheurs d'ouverture de saison pour lesquels les protagonistes ont planché chacun de leur côté sans trop s'occuper du voisin si ce n'est l'Opéra de Normandie qui n'a pas craint de franchir des frontières préalablement établies, il va bien falloir que la Région trouve un directeur qui règle les porosité d'intentions qui déjà se font jour pour éviter que n' implose, un jour ou l'autre, cette belle unité de façade

Leurs prochains concerts :

« Le Poème Harmonique » :

Vendredi 5 février à 20 heures

« Selva Morale » avec « Accentus »

Acheter des billets : sur le site lepoemeharmonique.fr ou au 02 35 14 20 93

« La maison illuminée »

Lundi 21 mars à 20 heures

« La maison ouvre et ses sons illuminent la Chapelle »

Acheter les billets « Librairie « L'Armitière » - Tel 02 35 70 57 42

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article