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Théâtre en Normandie

Jefferson Desmoulins : du rêve à la réalité

12 Décembre 2015 , Rédigé par François Vicaire

Jefferson Desmoulins : du rêve à la réalité

Tout petit il rêvait qu'il ferait un jour du théâtre : il l'a fait.

Dans le cursus qu'il s'était imaginé, il rêvait d'entrer au conservatoire de Rouen : il y est y entré.

Et puis, dans la droite ligne des bonheurs espérés il voyait son avenir se jouer harmonieusement jusqu'à devenir, il ne faut pas lésiner surtout quand on rêve, directeur d'une structure théâtrale, pourquoi pas un CDN.

Mais si la capacité d'évasion de Jefferson Desmoulins était sans limite, le temps l'a ramené, au réveil, à d'autres réalités qui n'ont pas véritablement cassé ses rêves mais, en lui donnant des contours plus raisonnables et plus accessibles, lui ont ouvert les perspectives d'une destinée tout aussi exaltante. Après la classe d'art dramatique de Maurice Attias au Conservatoire de Rouen et un séjour à l'ERAC de Cannes, il est revenu à Rouen pour une collaboration au « Chat Foin » avec Yann Dacosta. De là, il sautera le pas qui lui permetta de concrétiser d'une certaine manière une partie de ses songes théâtraux :

« Si je n'avais pas rêvé je ne serais pas aujourd’hui à la tête d'une compagnie en train d'imaginer des rêves destinés aux autres »

Comme quoi, laisser son esprit s'égarer dans les brumes du sommeil a du bon du moment que l'on sait, le moment venu, revenir sur terre.

C'est ce qu'a fait Jefferson Desmoulins qui avec sa compagnie « Traces » a construit des univers qui n'échappent jamais tout à fait à l'onirisme de ses premières émotions.

Le dernier en date s'inscrit dans un monde qui se situe aux lisières du vraisemblable et de l'imaginaire. Avec « Du temps que les arbres parlaient » , une pièce d'Yves Lebeau, un petit garçon éperdu de solitude rencontre un vieux chêne auquel il va confier sa détresse. Entre l'innocence de l'un et l'expérience de l'autre va s'établir un dialogue à priori improbable et dont se dégagera une philosophie où les désespérances de l'enfance s'apaiseront dans la grande sérénité qui se dégage du roi de la forêt. Destiné avant tout au jeune public, c'est un conte de la régénérescence créé à Duclair avec Simon Vialle et Clément Longueville et qui va poursuivre sa carrière dans une série de 12 représentations en 2016.

2016… une année importante pour Jefferson Desmoulins. Il met, en effet, la dernière main à un triptyque consacré - on s'en serait douté – aux rêves ! Les trois pièces qui le composent – d'Andersen à Karl Richter en passant par la question essentielle posée à des collégiens sur leurs propres rêves – gardent leur autonomie et se complètent un peu à la manière de ces histoires que la nuit envoie comme des puzzles dont on tente au réveil à reconstituer la cohérence.

Le rêve comme évasion … le rêve comme une fonction vitale de l'inconscient … le rêve comme un trajectoire informelle… le rêve qui permet de sortir de la réalité mais dont les imprégnations secrètes laissent de confus lambeaux de souvenirs.

Pour cette réalisation ambitieuse, Jefferson Desmoulins a fait appel à des comédiens-complices que sont outre Simon Vialle et Clément Longueville, Manon Thorel, Valentine Monserand, Lou Valentini.

A n'en pas douter, une distribution… de rêve !

Notre photo : Simon Vialle et Clément Longueville dans « Du temps que les arbres parlaient »

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